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Uber: après les pavés, la plage

Cet été, Uber déploie ses services dans plusieurs stations balnéaires des côtes méditerranéenne, atlantique et même en Normandie dans des municipalités où la population décuple pendant les vacances.

En arrivant en vacances, les citadins retrouveront-ils le feuilleton qui les a parfois un peu agacés : le conflit entre taxi et VTC. Uber annonce son déploiement à Saint-Tropez, Toulon, Deauville, La Baule, le Bassin d’Arcachon, Aix-en-Provence et Avignon. Pas avec son service Uber Copter, qu’il met en place pour le festival de Cannes, mais avec une flotte UberX.

"Nous avons constaté que de plus en plus de clients allument l’application dans ces villes de vacances, nous explique un porte-parole d’Uber France. Ça nous indique que la demande est de plus en plus forte dans certains endroits et à une certaine période et que l’offre traditionnelle n’est pas adaptée à l’afflux des touristes". Cette tendance a été confirmée par les VTC de Nice, Cannes ou Marseille qui ont remonté à Uber France l’intérêt de lancer le service dans des zones très touristiques.

S'adapter au mode de vie des Français

À Saint-Tropez, il n’y a que 30 taxis. Hors des périodes de vacances, cet effectif est largement suffisant pour une population inférieure à 10.000 habitants. Mais en été, ce sont 80.000 touristes qui se rendent chaque jour dans ce petit village du midi. À La Baule, la population passe de 15.000 habitants à plus de 150.000 pendant l’été.

"Les habitudes des Français changent. Ils sont de plus en plus nombreux à partir en train et à utiliser les transports locaux une fois sur place", explique un porte-parole d’Uber France. Le problème est que les taxis restent onéreux pour se rendre d’une ville à l’autre et que les transports publics sont accessibles, mais très contraignants en termes d’horaires de passage. "Il y a aussi un problème de sécurité. Après une soirée, il sera possible de rentrer chez soi sans risquer un accident", ajoute-t-il

Contrôler l'offre pour l'adapter à la demande

Pour recruter des chauffeurs de plage, Uber passera uniquement par les VTC locaux. Il ne proposera donc pas chauffeurs d'autres régions d’accéder à ces nouveaux marchés, comme il le fait, par exemple lors du Festival de Cannes.

Quant aux VTC qui voudraient faire quelques courses pendant les vacances, ce ne sera pas possible. "Ce serait incontrôlable. Imaginez que des centaines de chauffeurs décident de passer leurs vacances à La Baule ou à Deauville et de les amortir en travaillant de temps en temps. L’offre serait totalement déséquilibrée."

Cette opération durera-t-elle après l’été? Uber France ne le sait pas encore. "Nous ferons un débrief après les vacances et s’il y a un intérêt pour les clients, pourquoi pas."

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco