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Stationnement, accidents et circulation: comment Lyon fait face au succès des trottinettes électriques

Arrivées il y a deux ans dans les rues de Lyon, les trottinettes électriques sont devenus un moyen de transport indispensable pour bon nombre de Lyonnais. Mais la réglementation peine à suivre.

C'est une des nombreuses conséquences de l'arrivée massive des trottinettes électriques dans les rues de Lyon. A l'hôpital Edouard Herriot, entre deux et trois patients arrivent en moyenne chaque jour à cause d'un accident avec un de ces engins.

"La gravité des lésions est surtout dû à la vitesse et l'absence du port du casque, qui devrait être obligatoire", explique le docteur Amine El Malti, médecin au services des urgences.

Une relation difficile avec les autres usagers

Capables de rouler à plus de 20 km/h et très simples à emprunter, les trottinettes permettent aux utilisateurs, novices ou expérimentés, de se faufiler entre les voitures, les piétons et les cyclistes, sans connaissances des dangers parfois.

"Les gens pensent que c'est comme leur trottinette quand ils avaient cinq ans ou comme quand ils circulent en tant que piéton sur la chaussée", estime Annabelle Claret, co-gérante d'une auto-école des Brotteaux qui propose une formation spécifique pour les trottinettes électriques.

Résultat: des relations parfois tendues entre utilisateurs de trottinettes et les autres usagers excédés par ce qu'ils considèrent comme des comportements dangereux ou des incivilités. La présence massive des engins au milieu des trottoirs a notamment excédé bon nombre de piétons, au point qu'à Villeurbanne le remisage des trottinettes sur les trottoirs est désormais interdit

Verbalisation des trottinettes

Pour tenter de limiter les risques mais aussi améliorer les relations entre les usagers de la route, la ville de Lyon a pris plusieurs mesures ces derniers mois. La circulation sur les trottoirs est notamment verbalisée, ce qui a permis de faire disparaître "quasiment" ce phénomène, selon Jean-Yves Sécheresse, adjoint au maire de Lyon, invité ce lundi de BFM Lyon.

Mais pour le reste, la municipalité fait face à un vide juridique. "Il est grand temps que l'Etat nous dise de quoi est fait la trottinette, ce qu'elle peut faire et ne pas faire", martèle l'adjoint en charge de la sécurité à Lyon qui attend "depuis plus d'un an" la loi d'orientation des mobilités "qui n'en finit plus d'être examinée par le Parlement".

Pas de cadre légal

Sans ce cadre juridique, il est, selon lui, impossible de limiter le nombre de trottinettes ou d'opérateurs. "Personnellement, j'en rêve mais ce n'est pas légal", affirme-t-il, doutant notamment de la légalité de l'appel d'offre que veut lancer Paris pour limiter le nombre d'opérateur. "J'espère pour la capitale que la loi viendra à sa rescousse".

En attendant, les trottinettes laissées sur les trottoirs sont ramassées au titre d'objets trouvés, explique l'adjoint en charge de la sécurité à Lyon. "Les policiers municipaux en déjà ont récupéré 800", assure Jean-Yves Sécheresse. A l'avenir, la municipalité espère pouvoir offrir plus d'espaces de stationnement à ces engins aussi qu'aux cyclistes.

Benjamin Rieth