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Sauvetage d'Alitalia: la nouvelle compagnie décollera le 15 octobre

Le gouvernement italien a décidé de reporter la vente de la compagnie aérienne Alitalia. (image d'illustration)

Le gouvernement italien a décidé de reporter la vente de la compagnie aérienne Alitalia. (image d'illustration) - Pascal Pavani - AFP

Alitalia devient ITA et devrait entrer en service le 15 octobre. Les difficiles tractations entre Rome et Bruxelles sur un plan de sauvetage pour relancer la compagnie italienne au bord de la faillite, ont abouti.

La nouvelle compagnie aérienne publique censée naître des cendres d'Alitalia, au bord de la faillite, devrait décoller le 15 octobre, à l'issue de négociations ardues entre Rome et Bruxelles.

Les tractations avec la Commission européenne pour relancer le fleuron national sous un autre nom, Italia Trasporto Aereo (ITA), ont abouti à une "solution constructive et équilibrée", s'est félicité jeudi le ministère italien de l'Economie.

Alitalia, qui a cumulé des pertes de 11,4 milliards d'euros entre 2000 et 2020, a dû être placée sous tutelle de l'administration publique en 2017. Depuis cette date, le gouvernement a cherché en vain des repreneurs. L'Etat italien injectera dans un premier temps 700 millions d'euros dans la future société.

Plus frileuse, la Commission s'est pour sa part contentée de "prendre note de l'annonce faite aujourd'hui par l'Italie du lancement d'ITA", sans évoquer un accord, mais en rappelant "l'entente sur les paramètres essentiels" du lancement de la nouvelle compagnie trouvée le 26 mai.

Bruxelles précise "rester en contact étroit avec les autorités italiennes afin de s'assurer que le lancement d'ITA en tant que nouvel acteur viable du marché est conforme aux règles communautaires en matière d'aides d'État".

Enquête sur les aides d'Etat

Parallèlement, l'enquête de la Commission sur la conformité du soutien public à Alitalia aux règles de l'UE en matière d'aides d'État "se poursuit". En 2017 et 2019, Alitalia s'était vu accorder par l'Etat des prêts d'un montant total de 1,3 milliard d'euros, qui sont dans le viseur de Bruxelles.

Le chef du gouvernement italien Mario Draghi a mis tout son poids dans la balance pour faire décoller ITA, en prévenant en avril que Rome "n'acceptera(it) pas des discriminations arbitraires" de la part de Bruxelles.

Sous la pression de la Commission, les ambitions du plan de relance d'Alitalia ont été cependant revues à la baisse, et l'accord devrait se traduire par des suppressions d'emplois qui restent à chiffrer.

Certaines activités d'Alitalia, en particulier le secteur aviation, seront transférées à ITA. Les salariés d'Alitalia qui "pourraient être embauchés dans la nouvelle compagnie sont 2800 en 2021 et 5750 en 2022", a assuré le ministre du Développement économique Giancarlo Giorgetti.

Au total, les trois branches de la compagnie (aviation, services au sol et maintenance) comptent actuellement plus de 11.000 employés.

Les services au sol et la maintenance seront vendus séparément, par le biais d'appels publics, comme l'avait exigé Bruxelles. Mais ITA pourra y participer aux côtés d'autres investisseurs, en tant qu'actionnaire majoritaire dans le premier cas et minoritaire dans le second.

Selon le plan industriel adopté jeudi par les administrateurs d'ITA et approuvé, selon eux, par Bruxelles, les services au sol devraient employer en 2025 entre 2.650 et 2.700 personnes et la maintenance entre 1100 et 1250 au cas où le successeur d'Alitalia remporte les appels d'offres.

Flotte réduite de moitié

La nouvelle société verra sa flotte réduite de moitié, à 52 appareils, dont 7 gros porteurs. Dès 2022, elle disposera de 78 avions et fin 2025 de 105, selon ce plan ambitieux.

Bruxelles avait également réclamé la cession de créneaux aéroportuaires ("slots"). ITA conservera 85% des créneaux horaires détenus par Alitalia à l'aéroport de Milan Linate et 43% des créneaux de Rome Fiumicino, selon le plan industriel.

Bruxelles avait réclamé que la future société marque une nette rupture avec son ancêtre en abandonnant notamment le logo d'Alitalia et en renonçant à accepter des billets émis par son prédécesseur.

La marque Alitalia sera vendue par le biais d'un appel d'offres public, mais ITA pourra finalement y participer. Le ministère du Développement économique "supervisera toutes les mesures visant à protéger les travailleurs et les consommateurs", a assuré M. Giorgetti. Les acheteurs de billets pour des vols après la date du 15 octobre "seront protégés", a-t-il ajouté.

Le plan industriel, qui prévoit un accroissement graduel de l'activité d'ITA en fonction de l'évolution de la pandémie de coronavirus, table sur un chiffre d'affaires de 3,32 milliards d'euros en 2025.

P.D. avec AFP