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Réduire les investissements dans les aéroports risque-t-il de réduire l'attractivité de la France?

Alors que le méga-projet d'extension du terminal 4 de Roissy-Charles de Gaulle, devra être revu en profondeur à cause de la crise, sur BFM Business, Thomas Juin, Président de l'Union des aéroports français, affiche son inquiétude.

La crise du covid va laisser des traces profondes dans le secteur de l'aérien qui ne devrait pas revenir à la normale avant plusieurs années. Si les compagnies aériennes sont en première ligne, les aéroports ont et vont encore souffrir. 

Conséquence, les grands projets d'investissements sont aujourd'hui remis en cause comme l'extension du terminal 4 de Roissy-Charles de Gaulle qui "doit être revu en profondeur" du fait de la crise liée au Covid-19, a estimé mardi le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. 

Une perspective qui n'enchante guère le secteur. Sur BFM Business, Thomas Juin, Président de l'Union des aéroports français ne conteste pas l'obligation de réduire les dépenses dans ces temps difficiles.

"La santé de l'aérien est un indicateur de la santé économique d'un pays"

"Le secteur a subi un coup qu'on a jamais connu (...) mais clairement si la crise devait s'installer de manière durable, on devrait revoir en effet les projections d'investissements. Dès aujourd'hui, la plupart des aéroports ont revu leurs programmes d'investissements pour limiter la charge".

Mais à moyen-long terme, si ce mouvement de réduction des dépenses s'intensifie, le responsable estime que c'est l'attractivité de la France qui pourrait être entamée.

"L'accessibilité aérienne est un élément très fort pour l'attractivité des régions, pour un pays. Donc en effet, nous sommes très préoccupés pour reconstruire la connectivité aérienne de la France. En clair, si on ne retrouve pas une connectivité aérienne suffisante, clairement il y aura un impact extrêmement négatif, à la fois sur le tourisme (la France est le premier pays du monde pour les visiteurs) mais également pour les affaires. Il ne faut pas oublier que la santé de l'aérien est un indicateur de la santé économique d'un pays en général". "Le degré de connectivité aérienne d'un pays conditionne l'activité économique d'un pays", répète Thomas Juin.

Si la crise remet en cause les investissements en infrastructure, la question environnementale se pose également de plus en plus. Ce qui constitue également une opportunité. "Nous sommes en train d'investir massivement dans l'avion à hydrogène, nous devons nous doter de capacités aéroportuaires pour accueillir l'avion à hydrogène", a également indiqué Jean-Baptiste Djebbari. L'attractivité passe aussi par là...

Olivier Chicheportiche