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PSA a signé son accord de compétitivité

PSA et Renault ont proposé des mesures différentes.

PSA et Renault ont proposé des mesures différentes. - -

L'accord de compétitivité chez PSA a été signé par la direction et quatre syndicats sur six ce 24 octobre. Renault en avait déjà négocié un voici quelques mois. Quels sont leurs points communs et leurs différences?

PSA aura finalement "son" accord de compétitivité. Ce jeudi 24 octobre à 16 heures, quatre syndicats dont la CFTC, FO et la CFE-CGC, mais pas la CFDT ni la CGT, et la direction de PSA ont signé un tel accord après 13 séances de négociations.

PSA le qualifie même de "nouveau contrat social". Le texte demande des efforts en échange de garanties sur l'emploi, comme l'accord signé en mars dernier par Renault et ses syndicats.

Mais globalement, PSA a limité les contreparties demandées aux salariés. Le groupe présidé par Philippe Varin a cependant dû composer avec la nouvelle loi sur la sécurisation de l'emploi, entrée en vigueur en juin dernier, ce qui n'était pas le cas de Renault. 

Ce dernier attend 500 millions d'euros d'économies par an de la mise en oeuvre de son accord quand PSA n'en espère que 100 millions.

> Gel des salaires

• PSA: la direction a décidé de supprimer les augmentations générales en 2014. Les augmentations individuelles sont maintenues. Pour 2015 et 2016, les augmentations générales dépendront "de l'avancement du plan de redressement de l'entreprise et de l'inflation".

• Renault: alors que l'accord proposait, dans un premier temps, d'étendre le gel aux années 2014 et 2015, seule l'année 2013 est concernée.

> Temps de travail et avantage sociaux

• PSA: le groupe maintient le treizième mois, les primes, et la majoration de celles de nuit. Toutefois, les heures supplémentaires seront majorées de 25%, contre 45% auparavant, avec la création d'une prime forfaitaire de 15 euros. Les RTT seront annualisées.

De plus, une plus grande flexibilité va être introduite avec notamment "l'ajustement des horaires à la tournée". Les modalités doivent être négociées avec les salariés de chaque site, indique PSA.

• Renault: contrairement à PSA, le groupe augmente le temps de travail, de 6,5% exactement. Il généralise les 35 heures hebdomadaires à tous ses sites. Le nombre de jours placés en CET est plafonné depuis la signature de cet accord.

> Mobilité et départs

•PSA: le groupe choisit à la fois de faciliter la mobilité externe et interne. En externe, si le projet d'un salarié "positionné sur un métier sensible" échoue, il pourra retourner chez PSA dans un délai de 12 mois. En interne, les offres disponibles seront "plus transparentes". En outre, un "congé senior" est également créé.

• Renault: le constructeur avait, dans l'accord de mars, décidé de mettre l'accent sur la mobilité interne pour équilibrer l'activité entre ses sites. Sur la base du volontariat, des "prêts de main d'œuvre" sont ainsi instaurés.

En comparaison avec "le congé senior" de PSA, Renault joue sur l'accord de "gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences" (GEPC) pour permettre des départs anticipés pour les salariés âgés de 58 ans ou plus. En mars dernier, ce GEPC avait ainsi été prolongé jusqu'à fin 2016 et élargi à tous les salariés du groupe.

> Garanties sur l'activité

• PSA: le groupe s'engage à ne fermer aucun site avant la fin 2016. Un million de véhicules par an seront produits à l'horizon de cette échéance. De plus, PSA produira au moins un nouveau véhicule dans chaque usine sur la période 2014-2016. Sur ce même laps de temps, l'entreprise investira 1,5 milliard d'euros.

• Renault: dans la même veine que PSA, Renault promet qu'aucune fermeture d'usine n'aura lieu en France. Il garantit une activité minimum de 710.000 véhicules par an, avec 82.000 véhicules à mettre au crédit de Nissan, puisque la nouvelle Micra sera produite dans l'usine de Flins.

Julien Marion