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PSA a réglé le social avant d'augmenter son capital

PSA a signé, en octobre, un accord de compétitivité afin d'économiser 100 millions d"euros par an.

PSA a signé, en octobre, un accord de compétitivité afin d'économiser 100 millions d"euros par an. - -

Le constructeur va présenter à l'occasion de ses résultats annuels, mercredi 19 février, son projet d'augmentation de capital, avec Dongfeng et l'Etat français. Pour préparer ce tournant, le groupe a d'abord dû améliorer sa compétitivité en supprimant des postes.

PSA amorcera un virage historique, mercredi 19 février. Le groupe automobile va dévoiler les détails d'une augmentation de capital, avec l'arrivée de deux nouveaux actionnaires de poids : l'Etat et le Chinois Dongfeng.

Un tournant que l'entreprise a préparé en prenant des mesures draconiennes pour amorcer son redressement en France. L'entreprise a ainsi décidé de supprimer 11.200 postes entre 2012 et 2014, et d'acter la fermeture de son site historique d'Aulnay-sous-Bois, au nord de Paris.

Des reclassements externes et internes

PSA avait promis qu'il n'y aurait "aucun licenciement sec". A Aulnay, cet engagement a donné lieu, fin janvier, à une passe d'armes entre PSA et Arnaud Montebourg.

Le ministre du Redressement productif accusait alors l'entreprise de ne pas avoir tenu sa promesse, affirmant qu'environ 500 employés d'Aulnay n'ont toujours pas été reclassés. Le groupe automobile avait alors démenti les propos d'Arnaud Montebourg en assurant que le bilan ne pourra être fait qu'à l'été 2014 et que sur 3.000 salariés, 240 personnes étaient encore en attente d'une solution.

Un accord de compétitivité

A Rennes, sur l'autre grand site concerné par les réductions d'effectifs de PSA, la direction assure que les 1.400 salariés ont tous été reclassés.

150 personnes ont bénéficié d’un aménagement de fin de carrière, 100 ont été accompagnées dans des créations ou reprises d’entreprise, 130 ont été reclassées sur d’autres sites de l'entreprise et 600 personnes ont bénéficié de reclassements externes. Parmi elles, 80 ont été détachées pour 5 ans au sein de la SNCF.

Outre ces réductions de postes, PSA a imité son rival Renault en signant des accords de compétitivité en octobre dernier, qui doivent lui permettre d'économiser 100 millions d'euros par an. En échange de concessions sur les salaires et d'une flexibilité du travail accrue, l'entreprise s'engage à ne fermer aucun site avant la fin 2016.

J.M. (texte) et Gaëtane Meslin et Pierre-Emmanuel Becet (sujet vidéo)