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Prêt à Renault: "avant la pandémie, on n'en parlait pas" assure Jean-Dominique Senard

Le président du constructeur automobile français était invité sur le plateau de Good Morning Business. Il est notamment revenu sur le prêt garanti par l'Etat obtenu par la marque au losange pour survivre à la crise du coronavirus.

Mercredi, Renault a officialisé la signature du prêt garanti par l'État de 5 milliards d'euros, près d'une semaine après la présentation de son plan d'économies. Un prêt "important" pour le constructeur, explique son président Jean-Dominique Senard, qui était invité sur le plateau de BFM Business ce jeudi. "Cela nous permet (…) de passer le pont" de la crise.

Un prêt gigantesque "strictement lié à la pandémie" assure le patron, qui cherche à rassurer les marchés sur la solidité structurelle de sa marque. "Avant la pandémie, il n'était pas envisageable d'avoir une nécessité de cet ordre". Dans une note publiée en janvier dernier pourtant, les analystes de Citigroup tiraient à boulets rouges sur la stratégie de Renault, estimant que le groupe allait bientôt être à court de liquidités et avait "besoin d'une injection de capital dans les douze mois à venir". 

Relancer Renault

Si Renault connaissait déjà de grandes difficultés l'année dernière, "avant la pandémie, on n'en parlait pas. On n'en n'avait pas, a priori, besoin" de ce prêt, assure de son côté Jean-Dominique Senard. "Le diagnostic concernant Renault, je l'avais fait déjà à la fin de l'année dernière. (…) La pandémie est arrivée derrière. Elle n'a pas amélioré la situation et n'a fait que rajouter de la légitimité à l'urgence."

Et d'assurer : "on ne va pas laisser Renault dans la situation que nous connaissons." Le constructeur a présenté, la semaine dernière, un vaste plan d'économies, assorti de 15.000 suppressions de postes dans le monde. Ce plan intervient à quelques semaines de l'arrivée du nouveau directeur général du groupe, l'Italien Luca de Meo.

Thomas Leroy