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Pour Louis Schweitzer, Renault doit augmenter sa production en France avant de penser à relocaliser

Sur BFM Business, l'ancien président du constructeur au losange revient sur le plan de redressement du constructeur.

Relocaliser certaines productions constitue une des conditions fixées par le gouvernement pour l'obtention d'un prêt de 5 milliards d'euros pour Renault. Les relocalisations dans l'automobile sont d'ailleurs au coeur du débat de la relance dans le secteur aujourd'hui.

Mais pour Louis Schweitzer, ancien patron de Renault (de 1992 à 2005 et toujours président d'honneur), relocaliser des usines ne devrait pas être la priorité. "Il faut regarder un peu le passé. En 2005, quand j'ai quitté Renault, on construisait 1,3 million de voitures en France. En 2018, on en fabriquait moins de 700.000. Autrement dit, la production en France a été divisée presque par deux pendant la période Ghosn", explique-t-il sur BFM Business.

Arrêter l'hémorragie

"Et ce qu'il faut faire maintenant, c'est d'abord arrêter l'hémorragie et ça je crois que c'est tout à fait possible. (...) Bien sûr les salaires sont un peu plus chers qu'ailleurs mais pas plus chers qu'en Allemagne qui est la première industrie automobile européenne", souligne-t-il.

"Deuxièmement la France est bien située en Europe et la logistique c'est fondamental. Donc ce qui est important à mes yeux c'est d'arrêter l'hémorragie et (...) si on charge bien les usines françaises, il ne s'agit pas de créer de nouvelles usines mais il y a de quoi augmenter jusqu'à 900.000 ou 1 million la production de Renault en France", ajoute Louis Schweitzer.

Et d'expliquer: "dans le plan de redressement de Renault, il y a la capacité d'augmenter la production en France alors que depuis 15 ans elle a diminué tous les ans". Tout en précisant que cette augmentation doit concerner "des voitures milieu de gamme". "Les coûts de main d'oeuvre de montage ne sont pas déterminants si on a des usines productives, automatisées et compte tenu de l'avantage de la localisation" géographique.

Reste que Louis Schweitzer salue le plan de redressement du constructeur. "D'habitude, le premier contributeur c'est toujours les fournisseurs qui font la moitié ou les deux tiers des économies (...) et là dans le plan de redressement tout vient de Renault lui même. C'est à dire que Renault a parfaitement compris que ce n'est pas en cognant sur les sous-traitants qu'il va redresser l'entreprise et assurer l'avenir industriel de la France".

Olivier Chicheportiche