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Paris-New York devient la ligne long courrier la plus concurrentielle au monde

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- - AFP

Une dizaine de compagnies aériennes se disputeront l'an prochain ce juteux marché transatlantique, sur lequel pèse un indéniable risque de saturation, assure une étude du site d'avis de compagnies aériennes Flight Report.

L'an prochain, deux compagnies aériennes, Corsair et French Bee s'engageront dans une bataille aérienne inédite par son ampleur. C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude de Flight Report. Selon le site permettant aux passagers de relater en image leurs expériences de vols, une dizaine de compagnies aériennes s'affronteront en 2020 sur Paris-New York, sacrée ligne aérienne long-courrier la plus concurrentielle au monde.

Toutes compagnies confondues, les passagers souhaitant ne pas perdre de temps dans les correspondances auront en effet le choix entre seize vols par jour. Au total, plus de 5.000 sièges sont proposés chaque jour et dans chaque sens entre les deux villes –aéroports d'Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle côté français, John-F.-Kennedy et Newark côté américain. Soit, par an, près de 1,9 millions de sièges dans chaque sens.

"Aucune autre liaison long-courrier au monde n’a autant d’acteurs différents. A titre de comparaison, seulement six compagnies différentes sont présentes entre Londres et New York, un marché pourtant plus important et qui dépasse le milliard de dollars", observe Flight Report. 

Infographie Flight-Report
Infographie Flight-Report © Flight-Report
Infographie Flight-Report
Infographie Flight-Report © Flight-Report

Air France, Delta Air Lines, American Airlines, United Airlines, Norwegian, Level, Corsair, La Compagnie, French Bee, XL Airways: la saturation guette en effet la liaison transatlantique. La multiplication des sièges tire les prix vers le bas, au profit des passagers mais non sans risques pour les compagnies engagées dans la bataille. Le prix moyen du billet Paris-New York a plongé de 21% en trois ans, selon les calculs du comparateur de prix kayak.fr. Il vaut désormais moins de 500 euros en moyenne, contre quasiment 600 euros en 2016.

D'autant qu'il faudrait aussi prendre en compte l'ensemble des vols avec correspondance qui relient les deux métropoles en passant par Londres, Francfort, Zurich ou Amsterdam – des vols qui, en raison de la contrainte de l'escale, se doivent de rester compétitifs en termes de prix. S'il n'est pas négligeable, leur impact reste néanmoins limité. "À partir du moment où l'offre est abondante et que les prix sont compétitifs sur les vols directs, il n'y a pas de raison qu'un passager choisisse un vol avec escale" assure Flavien Tête, co-fondateur de Flight Report.

Les plus fragiles "poussées vers la sortie"

Grâce à leur présence ancienne sur la liaison Paris-New York, à leurs contrats avec des grands comptes et à la fidélité de leur clientèle, les compagnies traditionnelles ont moins à redouter de cette concurrence exacerbée. Ce sont les compagnies "low-cost", dont la promesse repose uniquement sur le prix, qui sont en première ligne. "Il ne fait nul doute que tous ces acteurs vont s’affronter durement au profit du passager, French bee fait le pari que le marché sera stimulé, mais invariablement, les compagnies les plus fragiles seront poussées vers la sortie" alerte Flight Report.

Au cœur du ring, les classes "affaires" et "premium eco", près de 900 sièges, dont la moitié est vendue par Air France. "Un siège en 'premium eco' coûte 40% de plus qu'un siège en classe économique, mais il rapporte des revenus deux fois plus important", souligne Flavien Tête. "Les compagnies traditionnelles sont aussi compétitives que les 'low-cost' sur ces catégories-là, mais contrairement à ces dernières, elles peuvent se permettre de maintenir des tarifs compétitifs. Or les clients, au même prix, préféreront Air France. Sur ce marché mature, la bataille est pour les nouveaux entrants", note-il.

Flight-Report
Flight-Report © Infographie Flight-Report

Une première victime? Dans la liste des dix compagnies aériennes qui effectuent la liaison Paris-New York, il faut rayer un nom, au moins provisoirement: XL Airways. La compagnie tricolore, en cessation de paiements, a été placée jeudi en redressement judiciaire en attendant d'éventuels repreneurs. L'entreprise française, en grande difficulté depuis plusieurs années, minée par une concurrence internationale de plus en plus forte, aurait besoin de 35 millions d'euros pour survivre.

Jérémy Bruno