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Montebourg tacle la famille Peugeot "qui ne faisait pas son travail" pour éviter la faillite de PSA

Les deux constructeurs français ont eu des trajectoires diamétralement opposées ces dernières années. PSA, au bord de la faillite en 2014, est redevenu un champion national. La marque au losange, elle, n'en finit plus de s'enfoncer. Ancien ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg justifie l'action de l'Etat lorsqu'il était aux manettes.

L'Etat sauveur ou fossoyeur ? La question divise toujours les économistes mais à gauche, le rôle étatique reste une question centrale. Notamment pour Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'Economie (de 2012 à 2014) de François Hollande, invité sur le plateau de Good Morning Business ce mardi matin.

Celui qui est désormais entrepreneur (notamment dans le miel) est revenu sur l'avenir de l'industrie automobile et notamment sur la trajectoire de PSA et de Renault. Aux manettes lors du sauvetage de PSA en 2014, l'ex-ministre rappelle son rôle: "c'est l'Etat qui a sauvé PSA de la vraie faillite. C'est moi qui l'ait fait !" assure-t-il, critiquant notamment le rôle de la famille Peugeot à cette période.

"On ne l'a pas spoliée. Elle ne faisait pas son travail" explique Arnaud Montebourg. Désormais, "elle est toujours dans le capital" mais elle a "été diluée" et l'Etat "a pris une part équivalente à celle de la famille et on a fait une alliance avec les Chinois de Dongfeng."

"Et c'est comme cela que Louis Gallois est devenu le président du conseil de surveillance" avant que ce dernier n'embauche Carlos Tavares "qui a sauvé Peugeot" insiste Arnaud Montebourg. "Et depuis on a racheté Opel" et réalisé "l'alliance avec Fiat-Chrysler. Donc c'est une stratégie de l'Etat: on a mis 800 millions pour sauver PSA. On l'a revendu, je crois, le double du prix. En plus c'est une bonne affaire pour les contribuables."

Hommage à Carlos Ghosn

A l'opposé de cette trajectoire, Renault a totalement dévissé. Mais là encore, Arnaud Montebourg justifie la stratégie de l'Etat. "La stratégie de Carlos Ghosn, à l'époque, qui était une stratégie de numéro 1 mondial, a fonctionné. Carlos Ghosn a réussi à mettre Renault-Nissan numéro 1 mondial" résume l'ancien ministre.

"Une stratégie de volume n'est pas forcément mauvaise si le dirigeant est incontestable. Or, là, il y a eu des fautes qui ont été commises à l'évidence. La justice dira ce qu'il faut en penser mais en vérité, la stratégie n'était pas mauvaise" insiste-t-il, avant de rendre "un hommage" à l'ancien PDG de la marque au losange.

S'il n'était "pas tellement d'accord avec ses histoires de salaire", Arnaud Montebourg rappelle que Carlos Ghosn "a relocalisé en France environ 300.000 véhicules sur les usines de Flins, de Douai, par des alliances avec Daimler et Nissan." Alors, "on peut dire ce que l'on veut mais il y a eu un effort qui a été fait par l'alliance de l'Etat et d'un grand constructeur automobile pour servir les usines françaises."

Thomas Leroy Journaliste BFM Business