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Marwan Lahoud (EADS): "nous devons être au même niveau que nos concurrents"

Marwan Lahoud au micro de Mathieu Sévin.

Marwan Lahoud au micro de Mathieu Sévin. - -

Le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS a été interviewé, ce mardi 10 décembre par BFM Business. Il est revenu sur le plan de restructuration annoncé par le groupe la veille.

EADS réduit la voilure sur sa division Espace et Défense. Lundi 9 décembre, le groupe d'aéronautique européen a annoncé une restructuration de cette branche devant aboutir à la suppression de 5.800 postes.

Interviewé par BFM Business ce mardi 10 décembre, le directeur de la stratégie et du marketing d'EADS, Marwan Lahoud , est revenu en détail sur ce plan de restructuration.

> Pourquoi cette restructuration?

"Le groupe va très bien parce que l'activité civile est en forte croissance. Cette activité a d'ailleurs démontré sa compétitivité grâce à un plan passé qui s'appelait Power8.

Mais l'activité Espace et Défense souffre d'un déficit de compétitivité qu'il faut combler. Pour ce faire, un certain nombre de mesures, d'organisation, d'optimisation des processus industriels doivent être effectués. Mais il y a aussi 5.800 postes en excédent à traiter d'une façon ou d'une autre. C'est l'objet de ce plan."

> Concrètement le plan passera-t-il par des licenciements secs?

"Sur la période concernée, le groupe est employeur net. Dans les trois années à venir le groupe va embaucher environ 2.000 personnes par an. Si on sort les contrats intérimaires des 5.800 suppressions de postes, on parle de 1.500 suppressions par an.

Le groupe va donc créer 500 postes nets tous les ans. Le problème est que la mobilité n'est pas une solution évidente à gérer en Europe. Il faut ainsi toute une batterie de mesures. Et c'est pour cela que nous avons un plan aussi élaboré comprenant des départs volontaires, des mobilités internes, des départs naturels, des départs en retraite anticipée. S'il reste des postes en excédent, à ce moment-là seulement nous pourrons envisager des licenciements."

> Pourquoi l'Allemagne est-elle plus touchée que la France?

"Les effectifs de la division Espace et Défense en Allemagne sont supérieurs à ceux de cette même division en France. 18.000 personnes travaillent ainsi en Allemagne contre un peu moins de 10.000 en France."

> Est-ce une réponse à l'échec de la fusion avec BAE?

"Nous avions arrêté le projet le 10 octobre 2012. Mais nous regardons l'avenir et non le passé. L'avenir, c'est le développement des activités Défense et Espace du groupe qui passe par cette amélioration globale de la compétitivité. Il y a d'autres mesures que les réductions de postes, qui vont compter pour 40% des objectifs d'amélioration de la compétitivité."

> Quelles sont ces autres mesures?

"Nous allons travailler sur l'organisation industrielle, sur l'optimisation des processus, sur la mise en commun d'un certain nombre de moyens et de centres de compétences, nous allons améliorer nos achats, la façon dont on gère la chaîne de sous-traitants. Tout cela va contribuer à l'amélioration de cette compétitivité, en plus de la réduction de la masse salariale issue des postes en excédent."

> La branche défense va-t-elle regagner des parts de marché sur les pays émergents?

"C'est l'objectif. Nous sommes assez confiants et je pense qu'une fois le plan achevé, d'ici à 2016, nous aurons gagné des parts de marché.

L'objectif principal est d'être compétitif et de gagner des affaires en étant profitable. Si nous ne sommes pas profitables, les investisseurs n'investissent plus et l'accès au financement sera plus difficile. Nous devons être au même niveau que nos pairs et nos concurrents qui ont des profitabilités supérieures à la nôtre. Sans parler de nos sous-traitants, qui sont bien meilleurs que nous."

Mathieu Sévin et J.M.