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Le colza, une alternative pour les trains au diesel?

Deux tests sont actuellement menés en France, l'un par la SNCF sur la ligne Paris-Granville et l'autre par Europorte sur une ligne de fret.

Le secteur aérien n'est pas le seul à se mobiliser pour mettre en place des sources d'énergies propres. Il y a également le train qui cherche à remplacer le diesel encore utilisé sur de nombreuses lignes régionales et de fret.

Il y a bien sûr le train à hydrogène, une réalité en Allemagne et une perspective en France avec une commande de la SNCF de 12 trains bi-mode électrique-hydrogène qui circuleront a priori en 2025 dans quatre régions.

Il y a également le colza qui est actuellement au centre de deux tests grandeur nature et qui se distingue par sa simplicité de mise en oeuvre.

Depuis avril, la SNCF teste ainsi ce carburant non fossile (biocarburant B100 issu à 100% de colza français) sur la ligne du TER Normandie Paris-Granville sans avoir eu à modifier la motorisation des 15 rames.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre de 60%

La SNCF estime que le colza peut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 60%. "Les résultats de l’expérimentation permettront de poursuivre les réflexions pour étendre ou non l’utilisation du B100 à d’autres matériels", explique l'opérateur.

De son côté, Europorte, la filiale de fret ferroviaire de Getlink va mener en juillet un test in situ de trois mois sur la ligne de fret entre Nogent-sur-Seine (Aube) et Dunkerque (Nord) ou Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime). C'est une première en France pour le fret.

Là encore, c'est le carburant B100 (produit localement par Saipol sous le nom Oleo100) qui sera utilisé pour alimenter les motrices diesel. Son utilisation "réduit les émissions de gaz à effet de serre de 60% sur l’ensemble du cycle de vie du carburant, depuis le champ jusqu’au rail", affirme Europorte.

Mise en oeuvre rapide

"Ainsi, dans le cadre d’un parcours expérimental estimé à 1500 km par semaine, ce sont 35 tonnes de CO2 qui seront évitées de façon hebdomadaire par la locomotive qui assurera ce trafic", assure Europorte dans un communiqué.

Là encore, c'est la facilité de mise en oeuvre qui est soulignée. "Cette alternative locale est immédiatement substituable au gasoil", explique l'opérateur.

A l’issue de cette expérimentation, si elle s’avère concluante, Europorte "pourrait s’engager avec le carburant Oleo100 de Saipol utilisé dans ses locomotives Stadler pour réduire l’empreinte carbone du Groupe d’environ 2500 tonnes de GES".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business