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Le chauffeur Uber qui voulait être salarié débouté par la justice française

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Les juges prud'homaux ont tranché en faveur d'Uber dans le différend qui opposait la société à l'un de ses chauffeurs. Au service de la plateforme pendant deux ans, il réclamait le statut de salarié.

Le conseil des prud'hommes de Paris a tranché jeudi: un chauffeur Uber n'est pas un salarié. Les juges ont débouté un ex-chauffeur de la firme californienne. Au service de la plateforme pendant deux ans, et après avoir effectué plus de 4000 courses, il souhaitait requalifier son contrat commercial en contrat de travail, et devenir salarié d'Uber.

Les juges ont estimé que rien ne justifiait cette requête. L'ex-chauffeur avait en effet "toute liberté pour travailler selon les horaires et les jours qui lui convenaient", ont-ils considéré. Il bénéficiait de la possibilité de refuser une course, de se déconnecter de l'application mobile. Uber n'effectuait aucun contrôle d'horaire, ajoutent les juges.

Liberté totale d'organisation

L'avocate du plaignant a eu beau expliquer que, pour se dégager un revenu suffisant, son client était de facto "obligé de se connecter très souvent", l'argument n'a pas convaincu les conseillers prud'homaux. Ils ont jugé que cette liberté totale dans l'organisation était un obstacle à la reconnaissance d'un contrat de travail.

Uber s'est de son côté félicité de ce jugement. Une victoire qui arrive à point nommé pour le groupe qui a multiplié les revers judiciaires en Europe sur ce terrain ces derniers mois. Ainsi en décembre, la Cour de justice de l'Union européenne a estimé qu'Uber devait être soumis aux mêmes réglementations que les taxis. Et le mois précédent, à Londres où la compagnie risque de perdre sa licence, un tribunal l'a obligé à donner salaire minimum et congés payés à ses chauffeurs.

Justine Vassogne, édité par N.G.