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La SNCF entre dans une zone de turbulences

La SNCF devra économiser 150 millions d'euros

La SNCF devra économiser 150 millions d'euros - -

Le conseil d'administration de la société ferroviaire se réunit ce jeudi 20 décembre pour voter le budget prévisionnel 2013. L'année devrait être nettement moins florissante que 2012 pour le groupe présidé par Guillaume Pépy.

Invité de BFMTV voici quelques semaines, Guillaume Pépy, le président de la SNCF, avait dressé un tableau quasi-idyllique de la situation du groupe ferroviaire: chiffre d'affaires et résultats en hausse, record d'embauches.

Mais ce jeudi 20 décembre, le climat n'est pas tout à fait le même. Le Conseil d'administration de la SNCF doit examiner un budget prévisionnel 2013 qui se fonde sur une croissance moins forte que prévu du chiffre d'affaires (3,8 milliards d'euros cette année).

Le trafic voyageurs ne devrait progresser que faiblement (moins de 2%). Quant au frêt, activité sinistrée depuis des années, elle devrait à nouveau subir les effets de la mauvaise conjoncture. Si bien que le projet prévoit aussi la suppression déjà annoncée de 1000 postes dans le frêt, une activité sinistrée pour la SNCF.

Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, la SNCF vient d'être condamnée, le 18 décembre, par l'Autorité de la concurrence pour pratique anticoncurrentielle sur le fret à la fin des années 2000. Elle devra payer une amende 60,9 millions d'euros.

La retraite des cheminots dans le viseur

Autre nuage sur la SNCF: le régime de retraite des cheminots. Malgré une réforme en 2008, il reste gravement déficitaire et le budget devra encore verser 3,4 milliards d'euros en 2013 pour payer les pensions des cheminots.

Mais dans le cadre de la nécessaire nouvelle réforme à venir des retraites de l'ensemble des Français, ce soutien financier sera-t-il encore tenable? En cas de remise en question de cette subvention publique, la SNCF devra assumer une partie du déficit de son régime de retraites... ce qui paraît somme toute logique.

Economies de fonctionnement

Conséquence, Guillaume Pépy, qui lorgne le renouvelement de son mandat au printemps 2013, est contraint de proposer un plan d'économies de fonctionnement de quelques 300 millions d'euros étalé sur plusieurs années.

Ce plan devrait prévoir une réduction des frais généraux de l'entreprise, une réforme des achats ainsi que la vente de certains terrains sous-utilisés.

Les gains de productivité devraient permettre de rembourser une partie de la dette cumulée du système ferroviaire, estimé à 40 milliards d'euros.

Patrick Coquidé