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L'Egypte donne le coup d'envoi de la construction de son canal de Suez ferroviaire

La ligne à grande vitesse en Egypte

La ligne à grande vitesse en Egypte - DR

Cette ligne à grande vitesse de 660 kilomètres reliera la ville d’Ain Sokhna sur la mer Rouge à Marsa Matrouh sur la Méditerranée. C'est l'allemand Siemens qui remporte ce contrat de 3,7 milliards d'euros.

C'est un nouveau chantier pharaonique pour l'Egypte. Le pays a en effet officialisé l'accord avec un consortium mené par Siemens pour la conception et la fabrication d'une ligne à grande vitesse traversant du nord au sud le pays. Montant du contrat: 3,75 milliards d'euros pour un projet global qui devrait coûter 7,5 milliards d'euros au pays.

Longue de 660 kilomètres, elle reliera la ville d’Ain Sokhna sur la mer Rouge (au sud du Canal de Suez) à Marsa Matrouh, ville de la côte méditerranéenne située à 120 kilomètres à l’ouest d’Alexandrie à travers 21 gares.

La ligne à grande vitesse en Egypte
La ligne à grande vitesse en Egypte © DR

Elle reliera également la nouvelle capitale en construction (située à 45 kilomètres du Caire) aux autres grandes villes du pays et transportera aussi bien des passagers que du fret. Pour le pays, il s'agit de mettre en place "un canal de Suez sur rails" qui permettra de réduire la congestion routière et ferroviaire.

Contourner le canal de Suez

L'objectif est de transporter pas moins de 30 millions de passagers par an à une vitesse moyenne de 200 Km/h en toute sécurité (les accidents meurtriers de trains sont fréquents dans le pays). Côté marchandises, la ligne permettra de désengorger le très embouteillé Canal de Suez en le contournant.

Concrètement, le projet sera exécuté par le ministère des Transports et un consortium d'entreprises égyptiennes (qui s'occuperont des travaux publics) et allemandes, emmené par Arab Contractors, Orascom et Siemens. Ce dernier aura en charge la conception et la fabrication des 34 rames et des 15 motrices, la communication, la signalisation et la maintenance pour 15 ans.

L'Egypte va ainsi rejoindre le club fermé des 21 pays dans le monde disposant de lignes permettant de circuler à une vitesse supérieure ou égale à 220 km/h.

Méga-projets d'infrastructure

Sous la houlette de son président Abdel Fattah al-Sissi, le pays a lancé de nombreux méga-projets d'infrastructure considérés comme la vitrine du "développement" du pays. Outre cette ligne à grande vitesse, une nouvelle capitale administrative et une nouvelle ligne de métro de 48 kilomètres au Caire sont en construction.

En 2019, les autorités avaient déjà signé un contrat d'une valeur de 3,8 milliards d'euros avec un consortium mené par l'entreprise canadienne Bombardier (désormais filiale d'Alstom) pour la construction de deux lignes de monorail qui relieront pour la première, Le Caire et la nouvelle capitale et pour la seconde, Guizeh et la Ville du 6 octobre, deux faubourgs du Caire.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business