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Gounon (Eurotunnel): "Eurostar a transporté 10 millions de passagers avec 16 ans de retard"

Jacques Gounon était l'invité de BFM Business ce mardi 13 mai.

Jacques Gounon était l'invité de BFM Business ce mardi 13 mai. - -

Jacques Gounon, président directeur général d'Eurotunnel, était l'invité de BFM Business ce mardi 13 mai. Il est revenu sur les 20 ans d'Eurotunnel.

Eurotunnel a fêté ses 20 ans le 6 mai. Jacques Gounon, président directeur général d'Eurotunnel, était l'invité de BFM Business ce mardi 13 mai. Il a fait un bilan de cette double décennie et il a surtout parlé des 20 années à venir.

Jacques Gounon a déploré que les Etats ne soient pas impliqués financièrement lors de la mise en place. "Des gens qui sont conseilleurs sans être payeurs, c'est une erreur". En effet, les experts ont modifiés indéfiniment les plans, ralentissant ainsi le chantier et coutant des milliards d'euros.

Pour les 20 prochaines années, il souhaite pour le tunnel sous la manche, toujours plus de trafic, toujours plus de services, toujours plus d'innovations technologiques. Pour le groupe eurotunnel, il veut voir se développer et avoir la vocation d'être un champion français de l'infrastructure.

10 millions de passagers contre 30 millions prévus

Par ailleurs, le PDG d'Eurotunnel voudrait que l'Eurostar se développe un peu plus. Eurostar a transporté 10 millions de passagers avec 16 ans de retard par rapport aux prévisions initiales. Aujourd'hui, il aurait du en être à 30 millions. "Si Eurostar allait au-delà de Paris et Bruxelles, desservait le sud de la France, la Hollande et pourquoi pas l'Allemagne, il y aurait plus de voyageurs". D'ailleurs, il rappelle qu'à l'origine, il était prévu des trains de nuit pour amener les Anglais sur la côte d'Azur, mais ils n'ont jamais été mis en service.

Néanmoins, il est confiant pour le trafic de cet été. "Nous avons de très bons niveaux de réservation".

Jacques Gounon ne prévoit pas, pour l'instant, d'autres tunnels. "La saturation ne se fera pas avant 2050-2060 et à ce moment-là, nous arrivons peut-être à faire circuler des trains à une distance très minime".

En revanche, il imagine parfaitement, si la géologie s'y prête, construire des tunnels autres part. Il cite déjà l'exemple du CDG Express. "Nous avons atteint les limites de ce que les ponts peuvent franchir comme brèche", mais surtout, il précise qu'il y "a là un savoir-faire français".

D. L.