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Jacques Gounon (Eurotunnel): "nous sommes tirés par la reprise britannique"

Jacques Gounon, le PDG d'Eurotunnel, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 13 mars.

Jacques Gounon, le PDG d'Eurotunnel, était l'invité de Stéphane Soumier dans Good Morning Business ce 13 mars. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le président directeur général d'Eurotunnel, invité chez BFM Business à l'occasion de la publication de ses prévisions ce 13 mars, a détaillé les ingrédients du succès de l'opérateur du tunnel transmanche.

Eurotunnel a vingt ans. Après avoir frôlé la faillite il y a quelques années, le groupe roule désormais sur de bons rails: l'opérateur du tunnel sous la Manche a triplé ses bénéfices en 2013, et relève ses prévisions pour les deux ans à venir, jusqu'à 500 millions d'euros d'Ebitba en 2015. "On est tiré par la reprise britannique, et ça ne va finalement pas si mal que cela en Europe de l'ouest", indique son PDG, Jacques Gounon, sur BFM Business ce jeudi 13 mars.

>> Sur le parcours en Bourse

L'entreprise dont le titre en Bourse a valu moins de 50 centimes au pire de ses difficultés pourrait atteindre les 5 milliards d'euros de capitalisation boursière. "Un objectif à portée de main", indique le patron. Les dividendes sont en hausse de 0,25% cette année. Les "300.000 petits porteurs", qui ont investi dans Eurotunnel vont en profiter se réjouit-il. Et parmi eux les "50.000 à 80.000 fidèles depuis la naissance du groupe jusqu'à aujourd'hui".

>> Sur le trafic

"Selon nos études, en 2020, quatorze millions de passagers pourraient passer par le tunnel, que ce soit avec Eurostar, Deutsche Bahn, ou d'autres", indique Jacques Gounon, le regard déjà tourné vers l'ouverture à la concurrence.

Avec "quatre grandes destinations: Amsterdam, Francfort, Cologne, et une dont personne n'a parlé mais que nous avons identifié: Genève. On pourrait imaginer des Genève-Londres qui contourneraient Paris, d'un espace non-Schengen à un autre espace non-Schengen, très facile à organiser sur le plan douanier", s'enthousiasme-t-il.

>> Sur le fret

Le groupe annonce qu'il compte investir dans le fret, à hauteur de 70 millions d'euros. Quand bien même la SNCF n'a jamais réussi à rentabiliser cette activité. "Dans l'ensemble de l'Europe, à l'exception de la France, le fret est considéré comme une activité majeure, profitable", souligne le PDG d'Eurotunnel. Dans l'Hexagone, "il y a une sinistrose du fret ferroviaire que je ne comprends pas".

Réussir là où la SNCF échoue est possible, notamment en raison des différences de fonctionnement social avec la compagnie ferroviaire. La création d'un cadre social harmonisé pour le secteur ferroviaire, envisagé par le gouvernement, indigne le patron d'Eurotunnel. "Je ne voudrais pas qu'on étouffe ceux qui réussissent pour éviter de dire que d'autres réussissent moins".

N.G. et BFM Business