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Gare Montparnasse: ce que la panne géante pourrait coûter à la SNCF

55.000 passagers ont été acheminés avec retard sur la seule journée de dimanche. Et la panne continue d'avoir des conséquences sur le trafic. Le seul versement de compensations devrait dépasser plusieurs millions d'euros.

La panne géante de signalisation de la gare Montparnasse ne pouvait plus mal tomber pour la SNCF en terme d'impact commercial. En plein week-end de chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens, elle a pénalisé plus particulièrement les deux nouvelles lignes TGV desservant Rennes et Bordeaux, en interrompant totalement le trafic dans cette gare dimanche matin 30 juillet, au plus grand désarroi des voyageurs pris au piège.

Le trafic restait perturbé ce lundi 31 juillet à la gare Paris-Montparnasse, qui dessert l'ouest et le sud-ouest de la France, en raison d'une panne dont l'origine était toujours inconnue de la SNCF à la mi-journée. "On va annuler quelques trains, on va en regrouper d'autres. On va réussir à faire partir trois trains sur quatre aujourd'hui (lundi) pour les TGV", a déclaré sur Franceinfo Rachel Picard, la directrice générale de SNCF Voyages.

Au moins 55.000 voyageurs concernés le dimanche 30 juillet

"L'objectif hier (dimanche) était d'acheminer le maximum de voyageurs", a souligné Rachel Picard, indiquant que "plus de 100 trains", soit "55.000 voyageurs", avaient pu arriver à destination dimanche 30 juillet.

A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. La SNCF a décidé que "tous les voyageurs n'ayant pas pu prendre leurs trains auront 60 jours pour se faire intégralement rembourser, quelles que soient les règles d'après-vente de leurs billets".

Concrètement, même les billets non-échangeables et non-remboursables seront concernés par cette indemnisation intégrale. Par ailleurs, ceux qui auraient reporté leur voyage bénéficient d’un échange de billet de train gratuit et sans condition.

"Ce grave incident risque de coûter très cher à la SNCF, sans doute plusieurs millions d'euros, en raison des dizaines de milliers de voyageurs concernés, sans compter les dégâts causés à l'image de régularité et de fiabilité des TGV" explique Christian Broucaret, porte-parole à la fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) et représentant régional pour la Nouvelle Aquitaine.

À partir de 4 heures de retard, remboursement intégral

La garantie voyage de la SNCF dite G30 (pour 30 minutes) prévoit notamment qu'à partir de deux et trois heures de retard (pour les voyageurs qui ont pu partir dans leur train), ce sont respectivement 50% et 75% du prix du billet qui sont reversés au voyageur en bon d'achat ou en euro. Hypothèse: si 20 euros étaient remboursés en moyenne aux 55.000 voyageurs acheminés avec retard hier dimanche 30 juillet, il en coûterait 1,1 million d'euros en compensation à l'entreprise publique.

Avec 40 euros remboursés en moyenne par voyageur, la facture s'élèverait à elle seule à 2,2 millions d'euros, toujours pour la seule journée de dimanche. A partir de quatre heures de retard, la SNCF s'est même exceptionnellement engagée à rembourser intégralement ses clients, assure lemonde.fr .

Or, malheureusement pour la SNCF, la panne a continué d'affecter les départs de certains TGV qui ont été annulés ou retardés ce lundi 31 juillet. Cette deuxième journée de perturbations risque de faire grimper le montant total des compensations à verser aux voyageurs pénalisés pour la SNCF. Certains témoignages de voyageurs ont, de surcroît, fait état de retard de plusieurs heures ce lundi, les TGV en partance étant trop bondés pour voyager à très grande vitesse dans des conditions de sécurité optimale.

Du côté de la SNCF, à la direction de la communication, on se refuse à communiquer des chiffres précis sur les conséquences financières de la panne tant que celle-ci ne sera pas complètement résolue. Les voyageurs ont en outre 60 jours pour effectuer leur demande de remboursement, tous les clients concernés n'effectuant pas la démarche.

Mais l'indemnisation des clients retardés ne sera pas la seule conséquence financière de la panne à la charge de la SNCF. Le dimanche 30 juillet, au plus fort de la pagaille générée par l'incident, la compagnie nationale a dû aussi prendre en charge des plateaux-repas, des taxis et des nuitées d'hôtels, a précisé Mathias Vicherat, directeur général adjoint de l'entreprise publique au Parisien.

Trafic totalement interrompu de 22h00 à 6h00, de lundi à mardi

"On n'a pas eu le temps de faire suffisamment d'investigations cette nuit", a expliqué Rachel Picard à Europe 1. "Afin de permettre la reprise de ces travaux, le trafic ferroviaire à la gare de Paris-Montparnasse sera complètement interrompu dans la nuit de lundi à mardi entre 22H00 et 06H00. En effet, tant que les trains circulent, les vérifications ne peuvent être menées à bien" explique la SNCF sur son site web.

La directrice générale, Rachel Picard, a ajouté que l'enquête était "longue et difficile" en raison des milliers de composants à vérifier "un par un" pour résoudre ce problème électrique. Pas sûr que ce détail améliore l'image de modernité technologique que veut cultiver l'entreprise publique...

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco