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En souffrance, KLM met à mal la solidité du groupe Air France-KLM

La compagnie aérienne néerlandaise fait tout pour limiter les dégâts mais la situation s'avère critique. Pourtant, la France et les Pays-Bas entendent bien maintenir l'alliance entre Air France et KLM.

KLM est à terre. La compagnie néerlandaise qui vient de clouer au sol la quasi-totalité de sa flotte, cherche une parade pour limiter les dégâts. Le groupe étudie actuellement la possibilité de convertir ses avions passagers en avions cargos, pour le transport de marchandises. Objectif: trouver à tout prix de nouvelles sources de revenus.

Autre motif d'inquiétude pour KLM: la décision de la Chambre des Représentants de voter une nouvelle taxe sur les vols, en pleine crise du coronavirus. Elle devrait entrer en vigueur l'an prochain: "une décision incompréhensible" juge un porte-parole de KLM.

10 milliards d'euros

Il y a quelques jours la compagnie a indiqué qu'elle comptait supprimer entre 1.500 et 2.000 emplois afin de faire face à la crise. Une décision très critiquée par les autorités néerlandaises...

Car les autorités sont très soucieuses de préserver l'actif stratégique que représentent KLM et l’aéroport de Schiphol d'Amsterdam. Cela représente 110.000 emplois et un poids dans l’économie du pays de plus de 10 milliards d'euros.

Les deux Etats font bloc

Du côté d'Air France, la situation n'est pas plus enviable. Les avions de la compagnie française sont aussi cloués au sol, et les pertes s'accumulent. Au risque de faire imploser le groupe Air France-KLM, déjà fragilisé par les tensions internes depuis plusieurs années?

Pas question, pour Paris et La Haye! Les tensions diplomatiques entre la France et les Pays-Bas, liées au raid boursier néerlandais du début d'année 2019, semblent désormais dépassées. L'urgence est de sauver le groupe, et maintenir l'unité de l'alliance entre Air France et KLM. "C'est une belle entreprise et nous voulons qu'elle reste en l'état, c'est pourquoi nous sommes prêts à la soutenir", a déclaré jeudi dernier le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse en ligne.

Un prêt de six milliards d'euros

Même son de cloche aux Pays-Bas. "Il est très important d'aider cette entreprise essentielle dans ces temps difficiles", a déclaré mercredi à Reuters le ministre des Finances néerlandais Wopke Hoekstra.

Pour le moment, l'idée est d'obtenir un prêt de six milliards d'euros (quatre milliards d'euros pour Air France et deux milliards d'euros pour KLM), garantis par les deux Etats, afin de passer le cap de la crise mais aussi le long redémarrage qui s'annonce. En dernier recours, une nationalisation "temporaire" d'Air France reste dans les tuyaux de Bercy.

Thomas Leroy avec Jean-Baptiste Huet