BFM Business

Coronavirus: le coup de grâce pour la compagnie aérienne Flybe

-

- - PASCAL PAVANI / AFP

La compagnie régionale britannique, déjà en difficulté, a annoncé cesser ses activités "avec effet immédiat", affectée par l'épidémie de nouveau coronavirus.

La compagnie aérienne régionale britannique Flybe a annoncé tôt jeudi avoir été placée en redressement judiciaire et cesser ses activités "avec effet immédiat", affectée par l'épidémie de nouveau coronavirus qui a fait brutalement chuter le trafic aérien dans le monde.

"Tous les vols sont cloués au sol et l'activité au Royaume-Uni a cessé avec effet immédiat", a indiqué dans un communiqué la compagnie, qui avait échappé au dépôt de bilan en janvier grâce à un coup de pouce fiscal du gouvernement de Boris Johnson. Flybe a exhorté les passagers qui avaient réservé un vol auprès de la compagnie de "ne pas se rendre à l'aéroport", se disant dans l'impossibilité de leur trouver un vol alternatif. Des administrateurs du cabinet comptable EY ont été désignés, a-t-elle précisé.

170 destinations à travers l'Europe

Flybe a tenté "tout son possible" mais s'est révélée "incapable de surmonter d'importantes difficultés de financement", a déploré le directeur général Mark Anderson. L'épidémie de nouveau coronavirus, qui a entraîné une baisse importante des réservations, a précipité sa chute.

Connect Airways, consortium propriétaire de Flybe, qui comprend notamment Virgin Atlantic et les fonds Stobart et Cyrus, avait déjà sauvé Flybe de la banqueroute il y a plus d'un an mais sans parvenir à la ramener à la rentabilité.

Flybe, qui emploie quelque 2000 personnes, dessert 170 destinations environ à travers l'Europe, et est le principal transporteur sur des aéroports régionaux britanniques comme Aberdeen, Belfast, Manchester ou Southampton.

Cette annonce intervient alors que des médias britanniques affirmaient que la compagnie risquait de se retrouver à court de liquidités si elle n'obtenait pas un prêt de l'Etat de 100 millions de livres. 

Sauver les compagnies intérieures

Après le plan de sauvetage annoncé en janvier par le gouvernement britannique, qui a par ailleurs promis de réviser des taxes sur les billets d'avion lors du budget qui sera publié le 11 mars, les concurrents de Flybe Ryanair et IAG, maison-mère de British Airways, s'étaient insurgés contre ce qu'ils jugeaient des subventions anti-concurrentielles et illégales.

Le gouvernement avait justifié son choix de secourir Flybe par l'importance de la compagnie dans les dessertes intérieures et la vie économique de nombreuses régions.

Cette fois-ci, l'exécutif a choisi de ne pas intervenir, provoquant la colère du syndicat Unite, qui lui a reproché de ne pas avoir "tiré les leçons" de la faillite retentissante du voyagiste Thomas Cook l'an dernier et de la compagnie aérienne Monarch en 2017.

TL, avec AFP