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Comment Tesla propulse Panasonic parmi les acteurs clés de l'automobile

Le géant japonais de l'électronique et de l'électroménager se détourne de plus en plus des marchés grands publics au profit des activités pour les professionnels. (image d'illustration)

Le géant japonais de l'électronique et de l'électroménager se détourne de plus en plus des marchés grands publics au profit des activités pour les professionnels. (image d'illustration) - Toshifumi Kitamura - AFP

Fournisseur historique de Tesla, l'entreprise japonaise ambitionne d'entrer dans le top 10 des équipementiers auto grâce à ses batteries pour voitures électriques. Mais pas seulement.

Le géant japonais de l'électronique et de l'électroménager est en forme. Panasonic a annoncé, ce lundi, un bond de 67% sur un an de son bénéfice net au premier trimestre. Une performance portée par la hausse des ventes dans le domaine des composants pour automobiles.

Au terme des mois d'avril à juin, le résultat net s'est affiché à 48,76 milliards de yens (377 millions d'euros au cours actuel), pour un chiffre d'affaires en progression de 5,1% à 1.865,27 milliards de yens. Comme le souligne l'AFP, Panasonic, qui a accru ses activités pour les professionnels au détriment du marché grand public où la concurrence est trop rude et les marges réduites, dispose à présent d'une assise considérée comme plus stable.

Si l'entreprise délaisse progressivement les activités les moins rentables, l'automobile offre à Panasonic un important relais de croissance. La division systèmes automobiles et industriels a généré l'an dernier 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires. La seule activité automobile ayant contribué à 50% de la somme comme le précise Yoshio Ito, le vice-président du groupe Panasonic, à l'hebdomadaire économique allemand Wirtschafts Woche

Lors du trimestre écoulé, les performances réalisées dans l'électronique et les batteries ont également progressé. Un phénomène accentué par l'intégration des comptes du spécialiste espagnol des rétroviseurs Ficosa, dont Panasonic détient désormais 69% du capital.

Panasonic peut compter sur Tesla 

La confiance qu'accorde Elon Musk à Panasonic n'est pas étrangère à cette situation. Pour rappel, le patron de Tesla a choisi l'entreprise japonaise pour concevoir les batteries de ses véhicules électriques. Début juin, l'équipementier japonais a commencé à produire les batteries de la nouvelle Model 3 dont les premiers exemplaires ont été livrés, aux États-Unis le week-end dernier.

"Pour les batteries de Model 3, les coûts ont dépassé les profits au premier trimestre" reconnaît Hirokazu Umeda, le directeur financier de Panasonic, cité par l'agence Reuters. "Mais avec l'accélération de la production, on s'attend à une contribution positive au bénéfice" ajoute-t-il. Produit dans l'usine Tesla de Fremont (Californie) ce nouveau véhicule, commercialisé à partir de 35.000 dollars (29.600 euros), se veut accessible à un large public.

Souhaitant quitter son marché de niche, où il s'est installé depuis 2012 avec la très exclusive Model S, le constructeur californien entend passer dès l'an prochain le cap des 500.000 voitures produites par an. Pour Panasonic, cela représente autant de batteries à fabriquer, au sein de la Gigafactory Tesla. Une site de production sans équivalent, où l'entreprise japonaise a investi, aux côtés d'Elon Musk, plusieurs milliards de dollars. 

Au classement des équipementiers automobiles, Panasonic, qui collabore également avec d'autres constructeurs de véhicules électriques, occupe actuellement le 24e rang. Pour parvenir à la dixième place, son objectif, l'entreprise n'oublie pas de capitaliser sur son coeur de métier. À savoir la production de systèmes d'information-divertissement, à l'image du double écran tactile développé, sur mesure, pour le dernier Range Rover Velar.

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV