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Ces innovations qui nous promettent de ne plus faire la queue à l'aéroport

De la reconnaissance faciale pour fluidifier les contrôles d'identité au kiosque d'auto-enregistrement des bagages, les technologies abondent pour fluidifier la circulation des passagers, menacée d'engorgement par le renforcement des mesures de sécurité. De plus en plus d'aéroports passent à l'action.

La technologie est-elle la meilleure solution aux files d'attente à l'enregistrement ou au contrôle d'identité qui s'allongent dans les aéroports? "Depuis le début de l'année, les temps d’attente de plus de 30 minutes ont été multipliés par vingt" déplorait Augustin de Romanet, le PDG de Paris Aéroport cité par Les Echos.

Faute de moyens supplémentaires accordés par l'État, la société gestionnaire des aéroports de Paris-CDG et Orly va acquérir puis déployer une toute nouvelle génération de portillons automatiques de contrôle des passeports au cours du premier semestre de 2017. Ces investissements visent à régler le problème des files d’attentes aux guichets de la police de l’air et des frontières que la première génération de portiques automatiques (connue sous le nom de Parafe) n'est jamais parvenu à résoudre. Ces systèmes font partie d'une série de dispositifs de nouvelle génération technologique qu'installent les aéroports pour fluidifier la circulation des passagers.

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- © La société française Gemalto a développé des portiques automatiques utilisant la reconnaissance faciale pour contrôler l'identité des passagers. Source: Gemalto.
  • Les sas de contrôle automatique de l'identité des passagers. Les systèmes de portiques ou sas automatisés fournis par Gemalto à Paris Aéroport inaugureront le recours à la technologie de reconnaissance faciale sur les plates-formes parisiennes. Celle-ci doit encore être autorisée par les autorités françaises. La réglementation française ne reconnaît que la vérification biométrique des empreintes digitales des passagers. Les nouveaux systèmes lisent les informations biométriques contenues dans le passeport et les comparent instantanément avec celles du passager dont le visage est scanné sous toutes les coutures. Ces systèmes vérifient tout à la fois l'authenticité et la validité du document d'identité, l'identité du passager et le fait qu'il est, ou pas, le droit de quitter le territoire national. Les tests débuteront en décembre 2016 à Roissy. De son côté, l'aéroport de Singapour est également en train d'installer un tel système de sas automatisés fourni cette fois-ci par Morpho (que Safran a cédé à Oberthur en septembre 2016). Il équipera son terminal 4 qui ouvrira ses portes en 2017. "C'est la première fois que la technologie de reconnaissance faciale sera utilisée à l'aéroport de Changi, remplaçant la vérification d'identité par des agents" explique Steve Lee, directeur en charge de l'information et de la technologie de l'aéroport singapourien.
  • Les systèmes pour automatiser l'enregistrement des passagers. Alors que nombre de passagers préfèrent voyager avec un bagage en cabine, des fournisseurs ont développé des systèmes vérifiant que ces bagages sont bien autorisés à monter à bord de la cabine avec leur porteur. La société Materna IPS a développé des systèmes qui vérifient automatiquement que le bagage cabine présenté à l'enregistrement est bien conforme en poids et en dimensions aux prérequis des compagnies aériennes. Ces machines sont capables de compter le nombre de bagages cabines enregistrés et d'en refuser quand leur nombre ou leur poids dépasse la limite prévue. Un système idéal pour les compagnies aériennes low cost.
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- © Les systèmes de dépose et d'enregistrement des bagages en soute et en cabine se généralisent dans les aréoports. Materna IPS
  • Des scanners corporels de contrôle rapide de passagers. Le passage sous le portique de détecteur de métaux pendant que les bagages cabines sont scannés fait perdre un temps fou aux passagers, surtout aux heures de pointe. L’aéroport international Ben Gourion à Tel Aviv en Israël, réputé pour son très haut niveau de sécurité, s’est doté de nouveaux scanners de contrôle corporel en 3D et à 360 degrés des passagers. Il estime pouvoir détecter en quelques secondes les objets suspects ainsi que les explosifs. Avec un tel dispositif, le temps de passage par passager est bien plus rapide. Si certains de ces systèmes peuvent faire craindre un "déshabillage virtuel" du passager, ceux de la société israélienne Camero n'affichent, sur leur écran de contrôle, qu'un avatar numérique impersonnel du passager. Des carrés jaunes signalent la présence éventuels d’objets potentiellement suspects.
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- © Dans l'aéroport Ben Gourion à Tel Aviv, des scanners corporels 3D sont capables de détecter en quelques secondes la présence d'objets suspects et d'explosifs. Camero.
  • Des robots et la biométrie pour suivre le passager de A à Z. De son côté, Thalès a développé un système un peu futuriste reposant sur des robots qui, grâce à la biométrie (via la reconnaissance de l'iris de l'oeil), se chargent de l'enregistrement du passager mais aussi du contrôle de son identité, Présenté au salon du Bourget mi-2015, son système suit le passager dans son cheminement depuis une borne ou kiosque d'auto-enregistrement qui intègre les données biométriques de son passeport qu'il vient de scanner pour les comparer avec celles prises par la borne, comme l'iris. Cette capture biométrique de l'iris du passager sera ensuite la "clé numérique" qui servira à son identification ultérieure à l'intérieur de l'aéroport. Quand le passager arrive ensuite au contrôle de police, il est accueilli par un deuxième robot. Ces derniers seront-ils le prétexte au redéploiement des effectifs en charge de la sécurité des aéroports qui seraient réaffectés à d'autres tâches?
Frédéric Bergé