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Carlos Ghosn: la Micra, un accord "gagnant-gagnant"

Pour Carlos Ghosn "la clef est la compétitivité"

Pour Carlos Ghosn "la clef est la compétitivité" - -

Le PDG de Renault-Nissan était l'invité de BFMTV, ce mardi 30 avril. Revenant sur la décision de Nissan, qui va produire sa nouvelle génération de Micra à Flins, il a expliqué que ce choix permet au constructeur japonais de ne pas avoir à investir en Inde.

Pour le PDG de l'alliance Renault-Nissan, les deux constructeurs automobiles ont autant à gagner dans la production de la prochaine Micra dans l'usine de Flins (Yvelines).

Invité de BFMTV, ce mardi 30 avril, Carlos Ghosn a ainsi déclaré que l'accord de production ente Renault et Nissan "est un accord gagnant-gagnant, car autrement Nissan aurait été obligée d'investir en Inde". A la place, le constructeur japonais "va utiliser des capacités de production existantes de Renault en France".

82.000 véhicules vont ainsi être produits chaque année sur le site, à compter de 2016. Ce qui va générer des embauches. "C'est sûr", a encore confirmé Carlos Ghosn, en refusant néanmoins de s'avancer sur un quelconque chiffre, en termes d'emplois créés.

"La clef est la compétitivité"

Carlos Ghosn a ensuite expliqué que "Renault s'est engagé sur un coût de production" vis-à-vis de Nissan, "qui dépendait des accords de compétitivité", signés le 13 mars dernier par le groupe au losange et ses syndicats.

Ce dernier promet aux salariés de ne fermer aucun site et d'augmenter le volume de production dans les usines françaises. En échange, les employés ont accepté plusieurs sacrifices, notamment en terme de temps de travail.Cet accord a permis au groupe de ramener la compétitivité de ses sites français au niveau de ses usines espagnoles.

Pour Carlos Ghosn, de telles mesures peuvent même permettre d'augmenter encore la production en France: "La clef est la compétitivité.Je dirais que tout est possible à partir du moment où nous arrivons à transformer nos usines françaises en usines attractives". Il a ensuite précisé que cela "signifie rendre nos usines suffisamment attractives pour que nos partenaires décident d'utiliser des capacités existantes plutôt que d'investir".

Une rémunération plus faible en 2013

Interrogé ensuite sur sa rémunération, Carlos Ghosn a rappelé que celle-ci a été, chez Renault, de 2,89 millions d'euros, mais que l'année prochaine, "elle sera moindre".

Le PDG s'est, en effet engagé à suspendre le versement d"une partie de sa rémunération variable à 2016. Ce versement ne sera effectif que si Renault respecte les engagements pris dans le cadre des accords de compétitivité.

Poursuivant sur cette lancée, il a expliqué qu'il attendra que la future nouvelle contribution à 75% pour les salaires supérieurs à 1 million d'euros soit appliquée, pour voir avec son entreprise "les décisions qui doivent être prises".

Telle que François Hollande l'envisage, cette nouvelle version de la taxe à 75% doit être acquittée par les entreprises, et non plus par les personnes. Stéphane Richard, patron d'Orange, a déjà fait savoir qu'il baisserait sa rémunération afin de ne pas faire payer à son groupe des impôts supplémentaires.

La France doit "se réconcilier avec ses entreprises"

Carlos Ghosn est également revenu sur l'intervention de François Hollande, lundi, devant les entrepreneurs. "Je trouve que nous devons réconcilier la France avec ses entreprises et le gouvernement va tout à fait dans ce sens", a-t-il estimé.

Enfin, le PDG de Renault s'est exprimé sur la loi Florange. "Je ne sais pas si cette loi est logique mais la préoccupation du gouvernement l'est", a-t-il déclaré, ajoutant que "je vois cela partout, dans tous les pays: dès qu'un site est menacé, il y a une prise d'intérêt par les pouvoirs publics qui tend à éviter la fermeture".

Julien Marion