BFM Business

Bus, camion, autopartage... Les folles ambitions de Musk pour Tesla

Elon Musk a de grandes ambitions pour Tesla.

Elon Musk a de grandes ambitions pour Tesla. - Eric Piermont - AFP

Le patron du constructeur américain a donné plus d’informations sur la deuxième partie de son plan secret. Au programme, deux autres types de véhicules électriques, mais aussi un réseau de voitures autonomes.

Elon Musk a mis fin au suspense. Le patron de Tesla a dévoilé mercredi 20 juillet un plan plus qu'ambitieux. Le constructeur américain veut, entre autres, créer un camion de transport de fret, un véhicule pour remplacer les bus urbains, et à plus long terme un réseau de voitures autonomes utilisable à la demande.

Un camion et un bus dévoilés l'année prochaine

"En plus des véhicules privés, il y a deux autres sortes de véhicules électriques nécessaires: des gros camions et du transport urbain à forte densité de passagers. Les deux sont dans les premiers stades de développement chez Tesla et devraient être prêts à être dévoilés l'année prochaine", écrit notamment Elon Musk dans un message publié sur le site internet de Tesla.

Et d'évoquer un camion qui permettra "une réduction importante du coût du transport de fret, tout en augmentant la sécurité", ainsi que des bus à la taille réduite, accessibles aux fauteuils roulants, aux poussettes et aux vélos, et qui pourraient être appelés par les personnes n'ayant pas de téléphone grâce à des boutons installés sur les actuels arrêts de bus.

Un réseau de véhicules partagés

Elon Musk a aussi réaffirmé jeudi son ambition de rendre l'ensemble de ses véhicules totalement autonomes sans conducteur. Quand ce type de technologie aura été approuvé par les régulateurs, explique-t-il, "vous pourrez aussi ajouter votre voiture à la flotte partagée de Tesla (...) et lui faire générer des revenus pour vous pendant que vous êtes au travail ou en vacances".

"Dans les villes où la demande (de véhicules partagés) excède l'offre de voitures détenues par des consommateurs, Tesla opèrera sa propre flotte", ajoute-t-il.

La foi du milliardaire dans les voitures sans chauffeur ne semble pas avoir été entamée par les enquêtes des autorités américaines sur deux accidents, dont un mortel début mai, impliquant Autopilot, l'assistance d'aide à la conduite. Ni le conducteur ni le système n'avaient détecté un camion qui avait coupé la route à une berline Model S, un accident qui pour beaucoup d'observateurs risque de porter un coup au développement des voitures autonomes et pourrait être un signe que Tesla n'a pas suffisamment testé son système.

"Cela n'aurait pas plus de sens de désactiver l'Autopilot de Tesla, comme certains appellent à le faire, que de désactiver le pilotage automatique", a affirmé mercredi Elon Musk, affichant l'ambition de rendre le système "environ dix fois plus sûr que la moyenne des véhicules américains".

Un SUV Compact et une camionnette

Le milliardaire, que beaucoup considèrent comme un visionnaire (outre Tesla, il dirige la société de transport spatial SpaceX et a imaginé le projet de train du futur à très grande vitesse Hyperloop), avait dévoilé en août 2006 la première partie de son grand plan secret, qui semble aujourd'hui arriver à ses dernières étapes.

Elle prévoyait en effet de produire d'abord une voiture de sport électrique (Roadster), puis d'utiliser les revenus dégagés pour une berline de luxe familiale (Model S), et enfin une voiture abordable (Model 3), avant de devenir une entreprise de transport et d'énergie "intégrée verticalement".

La commercialisation du Model 3 est annoncée pour l'année prochaine, avec un prix d'entrée de 35.000 dollars et déjà plus de 300.000 pré-commandes.

Elon Musk a dit aussi mercredi envisager "un futur SUV compact et une nouvelle sorte de camionnette" qui, ajoutés à la Model 3, devraient permettre de répondre à "la plupart du marché grand public". Une voiture moins coûteuse que la Model 3 "ne sera probablement pas nécessaire", estime-t-il.

Ses ambitions ne se limitent pas non plus aux transports, puisqu'il évoque aussi un système qui combinerait des panneaux solaires sur le toit des maisons et une batterie. De quoi justifier son projet de rachat pour 2,7 milliards de dollars du producteur d'énergie solaire SolarCity par Tesla, qui a suscité beaucoup de questions à Wall Street.

Y.D. avec AFP