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Autolib' pourrait s'arrêter dès "jeudi ou lundi au plus tard"

Le groupe Bolloré réclame 40 millions d'euros par an sur cinq ans à Paris et aux communes qui accueillent des Autolib.

Le groupe Bolloré réclame 40 millions d'euros par an sur cinq ans à Paris et aux communes qui accueillent des Autolib. - Éric Piermont / AFP

Autolib' pourrait disparaître dès jeudi voire "lundi au plus tard" a annoncé Marie Bolloré, directrice du service. Cet arrêt serait la conséquence de la résiliation du contrat entre le groupe Bolloré et le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole, qui refuse de payer le déficit du service.

Autolib' vit peut-être ses derniers jours. L'arrêt du service pourrait en effet intervenir rapidement. Jeudi, le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) va proposer à Paris et à la centaine de communes adhérentes au service de résilier le contrat avec le groupe Bolloré qui exploite le service d'autopartage.

Si le vote est confirmé, Autolib' pourrait disparaître dans la foulée prévient ce mardi sur Europe1 Marie Bolloré, directrice de Blue Solutions, la filiale de Bolloré en charge d'Autolib'.

"Ca peut s'arrêter dès que nous recevons la notification donc jeudi ou bien lundi au plus tard", explique-t-elle. 

Les bornes seraient-elles désactivées? "Exactement", confirme encore Marie Bolloré tout en précisant que "quelques modalités" resteront à trouver avec la ville de Paris et le syndicat mixte. 

"La résiliation serait une mauvaise décision"

A l'origine, Bolloré réclame aux communes d'éponger 233 millions d'euros de dette d'exploitation du service. Une somme que refuse de payer le syndicat mixte qui préfère s'orienter vers une résiliation du contrat. Si le SAVM estime à "plusieurs dizaines de millions d'euros" cette résiliation, le groupe Bolloré prévient de son côté qu'elle pourrait coûter beaucoup plus cher encore que le paiement de la dette, chiffrant la facture d'une rupture du contrat à 300 millions d'euros. 

Malgré un conflit ouvert entre le SAVM et le groupe Bolloré, la patronne du service Autolib' veut croire qu'une issue est encore possible pour maintenir le service.

"Le but, c'est pendant les jours qu'il nous reste d'aller prouver que la résiliation serait une mauvaise décision, à la fois financière pour les contribuables, pour les usagers où l'arrêt serait brutal et pour les salariés qui du jour au lendemain se retrouveraient sans travail", poursuit-elle. 

Les nouvelles mobilités, responsable de l'échec d'Autolib'? 

Pour la patronne d'Autolib', l'échec financier du service d'autopartage est à imputer aux transformations dans le domaine des transports ces dernières années.

"Il y a eu l'arrivée des VTC qui a été une très forte concurrence, il y a aussi eu des trajets qui ont évolué de façon différente. Il y a moins de trajets banlieue-banlieue ou banlieue-paris ce qui aurait augmenté le temps de location", explique-t-elle. 

Marie Bolloré déplore par ailleurs un manque de soutien du service de la part des collectivités et notamment de la ville de Paris. Comme lorsque lors de la journée sans voiture les VTC ont été autorisés à rouler, mais pas les Autolib' électriques. "Nous sommes toujours ouverts pour trouver un accord", assure Marie Bolloré qui appelle le SAVM à l'aider "à trouver des solutions" pour maintenir le service en place. 

C. B