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Après le fiasco chinois, Eiffage reprend l'aéroport de Toulouse-Blagnac

Aéroport Toulouse-Blagnac

Aéroport Toulouse-Blagnac - REMY GABALDA / AFP

Futur concessionnaire de l’aéroport de Lille-Lesquin, le groupe français reprend la participation, jusqu’alors détenue par la société chinoise Casil Europe, de l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

L'aéroport de Toulouse-Blagnac change de main. L'Autorité de la concurrence vient en effet d'autoriser sans conditions particulières le rachat par Eiffage de la participation majoritaire de 49,9% détenue par la société chinoise Casil Europe dans la société Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), qui exploite l’aéroport de Toulouse.

Le montant de la transaction n'a pas été communiqué mais a été évoqué un montant d'environ 500 millions d'euros, justifié notamment par la hausse en 2018 du trafic de l'aéroport. Soit une jolie plus-value par rapport aux 308 millions versés en 2015 par la société chinoise Casil pour ces 49,9%.

Le groupe de BTP Eiffage n'est pas vraiment un nouveau venu dans l'univers aéroportuaire puisqu'il sera concessionnaire de l’aéroport de Lille-Lesquin à partir du 1er janvier prochain. "Cette opération s'inscrit dans la stratégie d'Eiffage visant à diversifier son portefeuille de concessions, déjà fort de nombreuses participations dans des infrastructures de transport en Europe, ainsi qu'à en allonger la durée", expliquait en mai dernier le groupe français. Traduction, il s'agit de moins dépendre du BTP.

L'Etat conserve ses 10%

Ce rachat met donc un terme à l'aventure chinoise à Toulouse, aventure qui s'est transformée en fiasco. En 2015, Casil Europe devient donc le concessionnaire de l'aéroport tout juste privatisé. Très vite les critiques fusent.

Les responsables des collectivités locales accusent en effet Casil de chercher uniquement à maximiser ses dividendes au détriment des réserves financières de l'aéroport. De son côté, Casil a régulièrement mis en avant ses travaux de développement du site, troisième aéroport régional français avec près de 10 millions de passagers annuels. Pourtant, la totalité des bénéfices 2018 de l’aéroport sera tout de même reversée aux actionnaires, soit 13,8 millions d’euros.

En janvier, le groupe chinois avait finalement décidé de jeter l'éponge en mettant en vente sa participation, notamment parce que l'Etat avait refusé de lui vendre sa part résiduelle de 10%, ce qui lui aurait donné la majorité absolue au capital de Toulouse-Blagnac. L'Etat devrait d'ailleurs conserver cette part encore un temps, Eiffage devra donc composer avec cet actionnaire.

Olivier Chicheportiche