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L'aéroport de Toulouse-Blagnac va-t-il devenir chinois?

L'Etat se désengage en grande partie de l'aéroport de Toulouse-Blagnac dont il détient 60% du capital.

L'Etat se désengage en grande partie de l'aéroport de Toulouse-Blagnac dont il détient 60% du capital. - REMY GABALDA - AFP

Parmi les trois candidats à la reprise des 50% du capital de l'aéroport figurent deux Français et un Canadien associé à des Chinois. Cette dernière offre, pourtant la plus généreuse, embarrasse l'Etat.

Le dossier de la privatisation de l'aéroport Toulouse-Blagnac prend du retard. L'Etat avait annoncé en juillet la cession de 49,99% du capital sur les 60% qu'il détient. Il devait donner le nom de l'entreprise retenue prochainement. Mais le calendrier devrait être différé de quelques semaines, le temps de consulter les collectivités territoriales. Officieusement, c'est la nationalité de l'un des candidats qui soulèverait des réserves.

Trois offres sont actuellement sur la table: celle menée par Aéroports de Paris (ADP), dont l'Etat reste l'actionnaire majoritaire, celle menée par Vinci, et une dernière, formulée par le Canadien SNC-Lavalin associé à plusieurs investisseurs chinois. Or d'après plusieurs sources, cette troisième offre serait nettement supérieure aux deux premières.

Toulouse, plaque tournante du trafic entre l'Europe et l'Asie

Les Chinois, qui apparaissent bien aux avant-postes au sein de cette association, nourriraient une grande ambition, racontent ces sources. Ils souhaiteraient faire de Toulouse-Blagnac un véritable hub, une plaque tournante du trafic entre l'Europe et l'Asie pour transporter les quelques 100 millions de Chinois qui voyagent chaque année en Midi-Pyrénées.

Mais certains dénoncent le fait que les Chinois viennent se développer à deux pas des activités sensibles d'Airbus. L'Agence des participations de l'Etat, qui pilote l'opération, est embarrassée. Conclure avec ADP ou Vinci pourrait donner l'impression de vouloir privilégier un attelage français, quitte à favoriser une offre moins bien-disante.

Le fait est que les autres candidats se sont retirés. Plusieurs acteurs allemands, australiens et espagnols, des acteurs majeurs de la gestion d'infrastructures, ont préféré claquer la porte. Visiblement, ils ont été échaudés par les propos tenus par Ségolène Royal. A propos des autoroutes en effet, la ministre de l'Energie s'est récemment interrogée sur l'avenir des réglementations de concession en France, laissant présager une remise à plat du système. 

Guillaume Paul