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Alstom: Edouard Martin s’en prend à Manuel Valls

Edouard Martin s'est dit "en colère" au sujet d'Alstom.

Edouard Martin s'est dit "en colère" au sujet d'Alstom. - Frederik Florin - AFP

L’ancien syndicaliste d’ArcelorMittal à Florange, devenu député européen socialiste, a vivement critiqué l’attitude des responsables politiques dans le dossier Alstom. Et en particulier celle du Premier ministre.

Même s'il est désormais un élu de la majorité gouvernementale, Edouard Martin ne s'est pas départi de son franc parler. Le député européen PS et ex-syndicaliste d'ArcelorMittal à Florange l'a démontré en évoquant le dossier Alstom, dans un entretien paru mercredi dans l'Est Républicain.

"Quand j'entends tous les cris d'orfraie, j'ai envie de dire: arrêtez le massacre! Arrêtez de vous moquer des personnes qui vont perdre leur emploi ! Quels faux-culs, tous ceux qui disent 'c'est inadmissible'...", déclare Edouard Martin. "Cela fait quarante ans que la droite et la gauche se fichent complètement de l'avenir de l'industrie".

Le Premier ministre Manuel Valls, "au lieu de passer son été à commenter le burkini, aurait pu s'intéresser à l'avenir d'Alstom Belfort. Et réfléchir à la manière de faire que la France demeure leader dans la construction de locomotives et d'appareils de traction", estime l'ancien délégué syndical CFDT.

"Que faisait le représentant du gouvernement au conseil d'administration d'Alstom? Il jouait aux cartes?"

"Ou bien on soutient notre industrie, comme le font d'autres pays comme l'Allemagne, ou on la laisse s'effondrer, pour acheter des locomotives allemandes ou chinoises. La France manque de trains, il faut une relance de la commande publique", estime l'eurodéputé qui se dit "en colère".

Concernant les annonces du gouvernement de négociations tous azimuts sur le sort d'Alstom, une semaine après que le groupe a manifesté son intention de transférer sa production de locomotives de Belfort à Reichshoffen en Alsace d'ici à 2018, Edouard Martin se montre prudent: "J'attends de voir, comme Saint-Thomas."

"Ma question, c'est: que faisait le représentant du gouvernement au conseil d'administration d'Alstom? Il jouait aux cartes?", ironise-t-il. L'Etat détient 20% de parts au sein d'Alstom. "Il est temps de mettre en place une véritable politique industrielle".

L'usine historique d'Alstom à Belfort, qui fabrique des trains à grande vitesse et dont l'arrêt de la production est désormais envisagé d'ici à 2018, emploie plus de 400 salariés.

Y.D. avec AFP