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Acheter une voiture neuve n'a jamais coûté aussi cher aux Français

Avec sa marque low-cost Dacia, Renault a pu s'adresser à des acheteurs qui n'auraient pas les moyens de s'offrir un véhicule neuf.

Avec sa marque low-cost Dacia, Renault a pu s'adresser à des acheteurs qui n'auraient pas les moyens de s'offrir un véhicule neuf. - Wikimedia commons

Le prix moyen d’une automobile neuve achetée en France a encore augmenté en 2016. Il atteint 24.300 euros, d’après des données récupérées par le journal Les Echos. Les automobilistes qui ne résignent pas à acheter d'occasion sont aussi de plus en plus âgés.

Le marché automobile des véhicules particuliers neufs en France est indéniablement de plus en plus élitiste. C’est ce qui ressort d'un article des Echos, qui dévoile les chiffres d’une enquête indépendante (NCBS pour "New Car Buyer Survey") sur le profil des acheteurs de véhicules neufs. il en ressort que le prix moyen (hors remise) des véhicules achetés neufs en France a atteint, en 2016, la somme record de 24.300 euros, soit 4,5% de plus que l’an dernier.

Une flambée de 90% en 25 ans

Mais il a surtout bondi de 4.000 euros par rapport à 2006 et de 10.000 euros par rapport à 1996. Sur 25 ans, on atteint même une hausse de 90%. En 1991, le prix moyen équivalait à 12.800 euros! Certes ces chiffres ne sont pas corrigés de l’inflation (en prenant en compte l'érosion monétaire, le prix moyen a tout de même augmenté de 27%). On se retrouve ainsi bien loin des anciens "prix psychologiques" pratiqués par les constructeurs automobiles avant le passage à l'euro: 49.990 francs (environ 7.600 euros) pour une citadine et 99.990 francs (15.200 euros) pour une berline.

Plusieurs facteurs viennent expliquer cette forte hausse des prix. Le renforcement des normes réglementaires sur les niveaux de pollution des véhicules ou les équipements de sécurité ont pesé sur les coûts de production. Les voitures embarquent aussi bien plus de composants électroniques.

L'acheteur-type n'a jamais été aussi âgé

Conséquence (ou origine) de cette forte hausse du prix, l'âge moyen de l’acheteur de véhicule ne cesse de grimper. De 44 ans en 1991, il atteint aujourd’hui 56 ans! Et ce n’est qu’une moyenne. La même enquête l’an dernier indiquait ainsi que 26% des acheteurs avaient plus de 66 ans alors que les moins de 25 ans ne représentaient que 3% des ventes. Par modèle, l’étude indiquait que l’âge moyen d’un acheteur de Toyota Prius neuve était de 62 ans et, pour la Citroën C5 carrément de 66 ans.

La hausse de prix est encore plus importante dans le premium. Le tarif moyen sur ce segment est ainsi passé de 21.100 euros (138.000 francs) en 1991 à 36.600 euros en 2007 pour atteindre 42.100 euros en 2016. Sur ces véhicules haut de gamme, les options coûteuses font rapidement flamber l’addition.

Dacia sauve Renault

Problème pour les constructeurs généralistes, français en particulier, ils se retrouvent coincés entre des acheteurs premium et de l’autre côté l’occasion, les marques low-cost et les nouvelles formes d’achat de véhicules en LOA (location avec option d’achat) ou LLD (location longue durée). Le groupe Renault parvient tout de même à maintenir la tête hors de l’eau mais surtout grâce à Dacia. En France, la marque au losange a gagné 0,7 point de part de marché depuis 2012 alors que dans le même temps la marque roumaine progressait de plus de 3 points pour atteindre le niveau de ventes de Citroën.

Julien Bonnet