BFM Business

SoLocal "ouvert le moment venu" à un rapprochement avec un autre acteur

Le patron de l'ex-PagesJaunes souligne qu'il n'y pas de discussions en cours mais se dit prêt à examiner des propositions capables d'accélérer la croissance du groupe dans le digital.

SoLocal commence à sortir la tête de l'eau dans le digital. Si son chiffre d'affaires chute de 11,1% au troisième trimestre, à 142,3 millions d'euros, ses ventes numériques sont reparties à la hausse. Ces dernières ont progressé de 5,3% ce trimestre, ce qui a été salué en Bourse par les investisseurs. Les ventes en abonnements progressent fortement: leur part dans les ventes numériques est passée de 22,2% à 59,2% entre le troisième trimestre 2018 et 2019.

Cela "nous permet de créer une dynamique de revenus récurrents, avec une meilleure visibilité", a souligné Eric Boustouller, directeur général de SoLocal, qui était invité sur BFM Business ce lundi dans l'émission "12H, L'heure H" (interview complète à retrouver ici). Malgré tout, SoLocal reste un petit acteur face à la concurrence. Dans un contexte de consolidation dans le secteur de la publicité (impliquant des géants comme Havas, Accenture ou Publicis par exemple), SoLocal peut-il rester indépendant? Y a-t-il un projet de rachat par un autre acteur? 

"On croit beaucoup aux partenariats"

"Nous n'avons pas de discussions de cette nature. On n'a pas de plans non plus dans cette direction. Mais on sera toujours ouverts, à un moment donné pour accélérer notre croissance, à toute option. Et je suis sûr que, le moment venu, on regardera ça de très près", indique Eric Boustouller.

Et de répéter "qu'il n'y a pas de plans dans ce domaine, on croit beaucoup aux partenariats (...). On n'a pas de discussions qui soient des discussions d'ordre capitalistique", a-t-il expliqué. "Vous me parliez d'acteurs comme Publicis, Havas... Tous ces acteurs sont des partenaires de SoLocal parce que ces acteurs travaillent principalement avec de grandes entreprises dans leurs stratégies digitales au niveau mondial. Nous sommes l'acteur local, (...) tous les acteurs que vous avez cité s'occupent (...) dans le domaine national ou global", a-t-il ajouté.

Un tournant stratégique opéré en 2018

Le patron du groupe revendique par ailleurs la 3e place dans le marketing digital en France. "Le chiffre d'affaires de SoLocal c'est peu ou prou 600 millions (d'euros) sur une base annuelle. C'est le troisième acteur du marketing digital en France derrière Google et Facebook. Donc on est un acteur de poids sur le marché français. Comme je l'ai dit, on va continuer à croître et on souhaite se développer au niveau international", assure Eric Boustouller. 

L'histoire de l'ex-PagesJaunes est émaillée de difficultés. Entre crise de l'actionnariat, difficultés commerciales, concurrence écrasante de Google sur ses deux activités (recherche de commerces, d'artisans... et cartographie), l'entreprise a longtemps été en mauvaise posture.

Depuis 2018, et la suppression de 1000 postes, la firme s'est résolument orientée vers une stratégie digitale et locale afin d'aider notamment les PME à mieux tirer parti d'internet à travers des nouveaux produits innovants (sur abonnement) et des partenariats avec des géants comme Google, l'ennemi d'hier. Dans le même temps, l'historique activité papier (les annuaires) devrait être stoppée l'an prochain.

Olivier Chicheportiche