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Windows 8, "l'A380" de Microsoft

Microsoft a décidé de monter un interface proche d'un écran de téléphone portable

Microsoft a décidé de monter un interface proche d'un écran de téléphone portable - -

Le géant américain doit dévoiler la dernière version de son système d'exploitation. Le parti pris est de proposer un système proche d'un téléphone mobile. Un parti pris risqué.

C'est l'événement de l'année pour Microsoft. Le groupe doit lancer officiellement ce jeudi 24 octobre Windows 8, la dernière version de son système d'exploitation.

Un pari risqué, car l'interface, qui rappelle celle d'un téléphone mobile ou d'une tablette, n'a plus rien à voir avec le Windows que tout le monde connaît.

Microsoft supprime en effet tout ce qui fait que Windows est Windows. Comme le petit bouton vert démarrer, en bas à gauche de l'écran. Cliquer sur ce bouton, c'est devenu un rite quotidien pour plus d'un milliard d'utilisateurs de Windows. Il va ainsi disparaître.

Disparus aussi, les menus déroulants et même les icônes à double clic sur le bureau. L'écran d'accueil ressemble désormais à celui d'un téléphone portable : des dalles colorées, rectangulaires, qui vous dirigent vers vos contacts, vos mails ou les derniers cours de bourse, exactement comme des applications mobiles.

Microsoft parie sur le fait que le grand public est déjà habitué à ce mode de fonctionnement, et que Windows 8 sera facilement apprivoisé.

Ce changement n’en est pas moins un vrai pari industriel pour Microsoft. Comme l’explique un cadre français de Microsoft, "Windows 8, c'est un peu notre A380".

Des entreprises frileuses

Mais encore à ce niveau il s'agit d’un pari risqué. Windows représente quart du chiffre d'affaires de Microsoft, donc clairement le groupe n'a pas le droit à l’erreur.

En même temps il y a urgence, car la suprématie de Microsoft est menacée : le cabinet spécialisé Gartner affirme que dans quatre ans, il y aura plus d'appareils (PC, téléphones et tablettes) qui tournent sous Android que sous Windows.

Et en proposant un chamboulement aussi complet, le risque est de paralyser les clients qui veulent quelque chose de plus traditionnel.

Le cas, par exemple des entreprises, qui cherchent des systèmes informatiques efficaces et immédiatement compréhensibles par tous.Certains analystes s'attendent à une grosse dose de frilosité chez les clients professionnels.

Microsoft compte de toute façon faire de la pédagogie, comprenez du matraquage publicitaire. Certains estiment que la campagne de lancement de Windows 8 va coûter plus d'un milliard et demi de dollars.

Anthony Morel