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Uber s'apprête à envahir Paris avec ses vélos rouges électriques

Les vélos en libre-service seront mieux encadrés.

Les vélos en libre-service seront mieux encadrés. - Uber

La société Jump rachetée par Uber en 2018 va lancer au printemps dans la capitale ses vélos électriques en libre-service. Ils pourront être localisés et réservés avec l'appli Uber.

Les rues de Paris bientôt envahis par les vélos rouges? Le patron de la société Jump Bikes était à Paris ce lundi pour signer avec la municipalité la charte des opérateurs de mobilité. Et d'ici le printemps, la société rachetée en 2018 par Uber va lancer ses vélos électriques rouges dans la capitale.

Et si les opérateurs de mobilité (vélos, trottinettes...) sont nombreux à lorgner Paris et ses millions de clients potentiels, Jump dispose d'un avantage sur les autres avec la puissance d'Uber derrière lui. 

Les vélos Jump qui sont tous à assistance électrique pourront en effet être réservés, localisés et réglés via l'appli Uber. Une application déjà utilisée par des centaines de milliers de Franciliens. De quoi donner des sueurs froides à Smovengo qui exploite les Vélib dans la capitale. Après des débuts difficiles, la société qui a tenté d'électrifier le parc de ses vélos (30% sont à assistance électrique aujourd'hui) va mieux et a réglé une bonne partie de ses problèmes techniques liés aux bornes de recharge. 

Du côté de Jump, il n'y aura pas de station. Les vélos rouges seront en "free floating", c'est à dire qu'ils pourront être déposés et attachés au mobilier urbain grâce à des cadenas souples. Une stratégie audacieuse tant les vols et dégradations sont importants sur les vélos des compagnies qui ont opté pour une telle stratégie.

Uber, l'Amazon du transport

Mais là encore, Jump veut s'appuyer sur la puissance financière d'Uber qui veut devenir un acteur global de la mobilité. Voitures et chauffeurs mais aussi vélos, trottinettes ou même train: l'américain, qui prépare son entrée en Bourse, poursuit intensément sa diversification. Son modèle? Rien moins qu'Amazon, le tentaculaire colosse du commerce en ligne.

Leader mondial de la réservation de voiture de tourisme avec chauffeur (VTC), Uber mise sur un avenir où les particuliers renonceront de plus en plus à posséder une voiture, préférant VTC, auto-partage, vélos et trottinettes en libre-service ou transports publics.

Pour Uber, comme d'autres entreprises de transport, l'idée est donc de se placer dès aujourd'hui au centre de cet écosystème et de proposer via son application tout un éventail de solutions de déplacement, selon ses goûts, ses besoins ... ou la météo.

"Les voitures, pour nous, c'était vraiment un point de départ", explique Andrew Salzberg, un des responsables du groupe, lors d'une rencontre avec des journalistes à Santa Monica, près de Los Angeles, connue pour sa pollution et ses embouteillages.

"Une fois bâtie cette plateforme de mobilité, il y a toute une gamme d'activités à créer au-delà", poursuit-il dans cette cité balnéaire, qui grouille de trottinettes et vélos électriques d'Uber et de ses concurrents.

"Un changement culturel gigantesque"

L'idée "c'est que dès que vous sortez, il y ait un véhicule électrique, sympa à conduire", explique Nick Foley, à la tête de Jump (bicyclettes électriques en libre-service), rachetée l'an dernier par Uber.

Et "si le temps est mauvais (...), on peut aussi réserver une voiture", ajoute Nick Foley, qui pense que le tournant vers la mobilité via smartphone changera les modes de vie comme le fit l'automobile.

Sans surprise, les villes très embouteillées sont un marché rêvé pour ces services. Ainsi, les citadins peuvent par exemple aller en vélo ou trottinette jusqu'à leur gare ou station de métro avant d'en reprendre un ou une autre en sortant du métro, une habitude déjà bien répandue à Paris, ville précurseur du vélo en libre-service.

D'où l'idée pour Uber de s'allier avec l'entreprise de trottinettes électriques Lime, réservables dans plusieurs villes sur son application. Le groupe est également en train d'y rajouter des horaires de transports publics et il pourra aussi être possible d'y acheter son ticket.

"On ne peut pas vraiment être l'Amazon des transports sans (intégrer) le mode de transport le plus important, à savoir les transports publics", a justifié David Reich, en charge du sujet chez Uber.

Les vélos Jump déjà présents dans 16 villes américaines veulent conquérir le monde, à commencer par l'Europe, indique son patron Ryan Rzepecki. "Nous sommes à l'année zéro d'un changement culturel gigantesque sur 10 ans", affirme-t-il, estimant que les inquiétudes liées à la sécurité concernant vélos et trottinettes sont finalement peu nombreuses.

L'Europe est une cible de choix, car bien plus habituée aux vélos que les Etats-Unis, relève-t-il. Et Paris, une des pionnières du vélo en libre-service, une priorité pour le géant américain.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco