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SFR-Numericable: "des recours vont s'exercer", selon Montebourg

Arnaud Montebourg n'a pas ménagé ses critiques à l'égard de Numericable.

Arnaud Montebourg n'a pas ménagé ses critiques à l'égard de Numericable. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Invité du 20h de France 2, ce vendredi 14 mars, le ministre du Redressement productif est revenu sur la vente de SFR à Numericable. Il a eu à coeur de souligner les difficultés qui attendent le câblo-opérateur.

Alors que Vivendi a décidé de poursuivre les négociations avec Numericable plutôt que Bouygues pour vendre sa filiale SFR, Arnaud Montebourg était l'invité du 20h de France 2, ce vendredi 14 mars.

Le ministre du Redressement productif a fait contre mauvaise fortune bon coeur, et n'a nullement rappelé son soutien à Bouygues."Le gouvernement n'était candidat à rien", a-t-il assuré, ademettant que "Vivendi fait ce qu'il veut, ils sont en état de liberté économique, et ils ont pris leur responsabilité".

Il a rappelé que le gouvernement avait des "des préoccupations sur ce secteur des télécoms qui est en grande croissance en France, qui détruit de l'emploi" et "a connu des plans sociaux à répétitons".Il a affirmé que "nous défendons l'emploi, l'emploi et l'emploi", ajoutant ne pas vouloir "de casse sociale".

Il a également rappelé l'autre préoccupation du gouvernement: "l'investissement, et le besoin d'offrir aux Français la fibre". Il a rappelé que le gouvernement souhaite que le déploiement de la fibre optique soit financé par les opérateurs.

"Un certains nombre de recours vont s'excercer"

Ce prélude lui a surtout permis de pourvoir formuler ensuite des doutes sur l'offre de Numericable. "Numericable dit 'je ne suis pas sûr de faire de la fibre", a-t-il ainsi souligné, affirmant que "le câble est une technologie d'il y a 15 ans".

Il a également déclaré qu'Altice, le principal actionnaire de Numericable, "est un groupe qui se surendette pour acquérir une entreprise beaucoup plus grosse qu'elle". "Je passe ma vie à ramasser des LBO, où celui qui achète se paie sur la bête", a-t-il fait valoir, ajoutant douter que les banques participant à l'opération "aient envie de s'exposer outre-mesure".

Arnaud Montebourg a aussi jugé qu"un certain nombre de recours vont s'exercer de la part de concurrents". Interrogé quant à savoir si l'affaire allait donc rebondir, il a répondu: '"exactement".

Et Arnaud Montebourg de rappeler que Patrick Drahi, le président d'Altice, est "un dirigeant milliardaire" qui réside en Suisse et détient sa participation dans Altice via une holding à Guernesey. De plus, Altice "est basée au Luxembourg et côté à Amsterdam".

"Il lui faudra faire preuve de patriotisme économique et rapatrier un peu de tout cela en France", a-t-il prévenu.

J.M.