BFM Business

SFR: des actionnaires réclament plus transparence sur la cession

Les petits actionnaires souhaitent avoir leur mot à dire dans la cession de SFR.

Les petits actionnaires souhaitent avoir leur mot à dire dans la cession de SFR. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

L'Association de défense des actionnaires minoritaires épingle le "manque de transparence" caractérisant le processus de cession de l'opérateur SFR. Dans un courrier daté du 20 mars, elle demande à Vivendi de publier le détail des offres de Numericable et de Bouygues.

Pour faire un choix entre deux offres, il faut pouvoir les comparer. C'est ce que réclame en substance l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) concernant la cession de SFR.

Dans un courrier daté du 20 mars, consulté par l'AFP, la présidente de l'Adam, Colette Neuville, relève que "les informations disponibles ne permettent pas de savoir sur quelles données précises le conseil de surveillance s'est basé pour donner la préférence à l'offre de Numericable".

Vendredi dernier, Vivendi a annoncé être entré en négociations exclusives avec Altice (maison-mère du câblo-opérateur Numericable) pour lui céder SFR. Altice propose 11,75 milliards d'euros en numéraire et 32% de la société à naître de la fusion entre SFR et Numericable.

Mais, jeudi, Bouygues a contre-attaqué en relevant la part en numéraire de son offre à 13,15 milliards d'euros, soit 1,4 milliard de plus qu'Altice.

Demander l'approbation des actionnaires

Dans son courrier adressé au président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, Mme Neuville note que la valeur de "la partie en titres (de l'offre) est très difficile à évaluer".

Mme Neuville s'interroge aussi sur "la capacité de Numericable à supporter la charge de la dette projetée" et craint que "les synergies (espérées de la fusion) aient été surévaluées".

Car ces dernières "avaient déjà été vendue sau marché lors de l'introduction en bourse dans la perspective - projetée ainsi de longue date - d'une fusion avec SFR. Les synergies ne seraient-elles pas ainsi comptées deux fois ?" s'interroge Mme Neuville.

L'Adam aimerait savoir "si la décision du conseil s'appuie sur les conclusions d'un expert réellement indépendant" du syndicat bancaire réalisant l'opération.

L'association souhaite en outre que l'opération de cession de SFR soit soumise à l'approbation de l'assemblée générale des actionnaires, ce qui n'est pas exigé par la réglementation mais serait une marque de "bonne gouvernance".

C.C. avec AFP