BFM Business

Quatre villes subventionnent les trajets domicile-travail en covoiturage

En choisissant Klaxit Mobilités pour le covoiturage, les villes veulent desservir des zones d’activités péri-urbaines où le flux de voyageurs n’est pas assez important une ligne régulière de transport en commun.

En choisissant Klaxit Mobilités pour le covoiturage, les villes veulent desservir des zones d’activités péri-urbaines où le flux de voyageurs n’est pas assez important une ligne régulière de transport en commun. - Philippe Desmazes-AFP

La start-up française Klaxit a noué des partenariats avec Toulouse, Clermont-Ferrand, Lunéville et Lannion. Ces villes s'engagent à subventionner les trajets domicile-travail en covoiturage effectués grâce à ses logiciels. Des régions les ont déjà précédées sur ce cofinancement.

Le covoiturage cofinancé par la collectivité locale en charge des transports publics sera encouragé par la future loi d'orientation des mobilités en discussion au Parlement. La ministre des Transports s'est dit favorable il y a trois jours sur BFMTV-RMC à ce que tous les employeurs versent une aide à leurs salariés pour leurs trajets domicile-travail en covoiturage ou à vélo.

Sans attendre que la loi soit promulguée, c'est cet axe du covoiturage domicile-travail financé en partie par les villes qu'a choisi de concrétiser la start-up française Klaxit. Elle a signé un partenariat avec Toulouse, Clermont-Ferrand, Lunéville et Lannion à qui elle fournit sa solution logicielle Klaxit Mobilités. Ces collectivités prendront en charge une partie du coût des trajets pour les passagers, en assurant un gain financier aux conducteurs.

"Sans ce coup de pouce de la collectivité, les automobilistes ne voient pas leur intérêt économique à devenir passagers et le service se cantonne à un public de convaincus" explique la start-up pour expliquer ces quatre accords dont voici le détail.

  • À Toulouse (Haute-Garonne) l’autorité organisatrice des transports, Tisséo Collectivité, cible en priorité les zones péri-urbaines en lien avec les bassins d’emplois du sud toulousain regroupant plus de 50.000 salariés avec de fortes problématiques de congestion. "Deux trajets gratuits par jour seront intégrés dans la carte Pastel et des spots covoiturage seront identifiés aux couleurs de Klaxit pour faciliter l’intermodalité" explique Klaxit.
  • À Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le Syndicat Mixte des Transports en Commun de l’agglomération clermontoise (SMTC-AC) cofinance les trajets pour ramener le coût passager à 1 euro par trajet quelle que soit la distance parcourue.
  • À Lannion (Côtes d'Armor), la collectivité va renforcer la desserte du parc Pégase, principale zone d’activités représentant 5000 emplois. La communauté d’agglomération Lannion-Trégor Communauté prend à sa charge une partie du coût du trajet pour les passagers et la rémunération des conducteurs à hauteur de 2 à 4 euros par trajet et par passager transporté.
  • Dans le territoire lorrain du Lunévillois (Meurthe-et-Moselle), un réseau de covoiturage complémentaire de deux lignes de bus existantes sera développé. La collectivité cofinancera des trajets pour tous les habitants pendant les premiers mois de l’expérimentation. "Par la suite, le but sera trouver le meilleur ratio prix passager / gain conducteur pour assurer la pérennité du service" explique la start-up.

En incitant les villes à cofinancer le covoiturage, Klaxit accompagne un mouvement général des collectivités dans ce sens. Dès l'automne 2017, la région Ile-de-France avait lancé l’opération "Tous ensemble pour le covoiturage". Elle a financé une aide de 50.000 euros destinée à une dizaine de sociétés (Blablacar, Karos, Klaxit, IDVroom,...) pour qu’elles fassent des offres promotionnelles aux franciliens. Une opération reconduite en 2018.

De son côté, la région Normandie a financé en 2018 à hauteur de 190.000 euros une expérimentation de covoiturage d'un an dans une zone dire "rurbaine", située entre Rouen et Le Havre, couvrant 52.000 habitants. La collectivité a misé sur une appli mobile développée par la start-up Karos.

Frédéric Bergé