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Panne à Montparnasse: la SNCF accuse la RTE de ne pas avoir pris toutes les précautions

Un cadre de la SNCF a expliqué ce dimanche au JDD que la compagnie ferroviaire avait construit des circuits d'alimentation indépendants pour parer aux imprévus à la gare Montparnasse, mais que le gestionnaire du réseau les avait tous branché à la même installation, celle qui a pris feu vendredi.

Après l'incendie d'un poste électrique qui a empêché de nombreux trains de partir de la Gare Montparnasse, la SNCF a rejeté l'entière responsabilité de l'incident sur son fournisseur d'énergie, RTE. Ce dimanche, des cadres de la SNCF vont plus loin en accusant le gestionnaire du réseau d'avoir ruiné les efforts de la compagnie ferroviaire pour assurer l'alimentation de la gare qui dessert tout l'Ouest de la France.

"Vu la situation névralgique de la gare, nous avons bâti trois circuits d'alimentation indépendants, alors qu'un seul suffit", a expliqué Claude Solard, directeur général délégué de SNCF Réseau dans le Journal du Dimanche. "Il se trouve que, plus loin, RTE a branché ces trois circuits à une seule et même installation", a-t-il déploré. "Nous ne comprenons pas."

Pas de retour à la normale avant jeudi?

Claude Solard précise en outre au Parisien que le contrat qui lie RTE à la SNCF "prévoit que la gare Montparnasse est raccordée au réseau via trois sous-stations (...) Même si deux sous-stations tombent en panne, Montparnasse reste alimenté". Or "Aucune des trois sous-stations n'était opérationelle après l'incendie du poste d'Issy. RTE n'a pas prévu de solution de secours".

Reste qu'en effet, l'incendie d'un seul poste électrique à Issy-les-Moulineaux, a totalement privé la gare Montparnasse du courant à très haute tension dont elle a besoin pour faire circuler les trains. Entièrement paralysé dans un premier temps, le trafic n'a ensuite pu reprendre qu'à faible régime, avec cinq trains au départ par heure au lieu de douze. Et RTE a indiqué samedi que ses équipes ne seraient pas capables de fournir un courant à pleine puissance à la gare Montparnasse avant jeudi.

Au sein de la SNCF, qui se préparait depuis des semaines à ce que ce week-end de chassé-croisé se passe bien, on est "extrêmement frustrés", a souligné samedi son président, Guillaume Pepy, sur notre antenne. Avec le remboursement intégral des billets de ceux dont le train a eu plus de trois heures de retard, le dirigeant de la SNCF prédit des millions d'euros de pertes à sa compagnie. Mais pas question de les assumer seul: "Nous allons nous tourner vers notre fournisseur RTE pour lui demander de nous indemniser", a-t-il prévenu.

De son côté, le gestionnaire du réseau électrique a endossé sa responsabilité, réitérant plusieurs fois ses excuses depuis vendredi. Pas sûr que cela suffise à éteindre le feu des critiques, alors que la raison de l'incendie n'est toujours pas connue. Le gouvernement a lancé samedi une mission d'enquête pour déterminer les causes et les conséquences de l'incident.

N.G.