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Orange: faire payer Amazon, Apple, Google ou Facebook "est un combat courageux mais difficile"

Stéphane Richard dit en quelque sorte que la popularité des géants du web leur assure une protection contre des poursuites

Stéphane Richard dit en quelque sorte que la popularité des géants du web leur assure une protection contre des poursuites - -

Le gouvernement français compte tenter d'imposer davantage ces géants du high-tech, qui échappent au fisc via des montages fiscaux. Stéphane Richard, PDG d'Orange, prévient sur BFM Business que l'enjeu est politique.

Taxer les "intaxables", c’est la volonté du gouvernement français. Le 14 novembre dernier, l’équipe de Jean-Marc Ayrault a présenté un arsenal de mesures de luttes contre la fraude. En ligne de mire, les grands géants américains de l’internet qui, via des montages fiscaux sophistiqués, paient des montants d’impôts en France aberrants, au regard de leur activité réelle sur l’Hexagone.

Invité des Décodeurs de l'éco, sur BFM Business, Stéphane Richard, PDG d’Orange, loue l’intention du gouvernement, qui devra toutefois convaincre ses partenaires européens, pour harmoniser les normes fiscales.

Mais il prévient qu'au-delà des défis techniques et économiques, réussir à imposer davantage les Facebook, Amazon, Facebook et autres Apple "va être difficile car il y a un enjeu très politique. Je ne connais pas beaucoup de dirigeants politiques qui ont envie de rentrer en conflit avec Google, Facebook ou avec Amazon". Il qualifie ainsi cette volonté de "courageuse mais difficile".

Des services trop populaires

En réalité, le problème serait davantage le risque d’image. Selon le patron d'Orange, "toutes ces marques sont aujourd’hui les plus populaires au monde. Quand vous demandez aux jeunes Français de classer les trois marques qu’ils préfèrent, Google Facebook et Apple arrivent en tête".

Une popularité qui, pour Stéphane Richard, s’explique aisément: "Ces entreprises ont du génie. Elles ont créé des services dont personne ne peut se passer. Et ces services sont gratuits! Comment voulez-vous lutter contre cela? C’est impossible!"

Un modèle qui n’est toutefois pas sans poser certains problèmes. Dans le cas de Facebook, la gratuité de ces services rend l’entreprise extrêmement dépendante des revenus publicitaires. Ce pourquoi Facebook tente par plusieurs moyens de monétiser son audience, depuis quelques mois.

Julien Marion