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Obama est-il allé trop loin dans son soutien à Google?

À un an des élections présidentielles américaines, on ne peut s’empêcher de voir un lien entre cette demande d’éclaircissement et la bataille électorale qui oppose républicain et démocrate.

À un an des élections présidentielles américaines, on ne peut s’empêcher de voir un lien entre cette demande d’éclaircissement et la bataille électorale qui oppose républicain et démocrate. - Joe Raedle (Getty Images/AFP)

Le Président américain est accusé par un sénateur américain d'avoir abusé de ses pouvoirs pour rendre service à Google dans un litige l'opposant à Amazon et eBay.

Barack Obama a toujours défendu les intérêts des entreprises américaines de high tech. Personne ne peut lui reprocher de soutenir le fer de lance de l’économie américaine. Mais a-t-il été au-delà de ce que légitime sa fonction de chef d'Etat avec Coogle? Plus précisément, est-il intervenu auprès de le Federal Trade Commission, un organisme indépendant, pour favoriser le géant californien dans un litige l'opposant à Amazon et eBay ?

C’est l'embarrassante question que se pose le sénateur républicain Mike Lee, président de la commission antitrust du Sénat, depuis les révélations du Wall Street Journal sur la FTC.

La semaine dernière, le journal révélait que cette administration avait rendu un verdict un peu orienté qui ne suivait pas les recommandations de ses enquêteurs. Ces derniers avaient donné raison à Amazon et eBay mais la FTC avait préféré blanchir Google. Dès lors, le sénat américain s’interroge sur les relations qui lient la FTC, l’administration Obama et le groupe technologique. Dans un entretien au National Journal, le sénateur Lee demande à la Maison Blanche de faire toute la lumière sur "la nature des conversations" qu’ont eu ces trois acteurs sur ce dossier.

Entre Google et Obama, des liens privilégiés ?

À un an des élections présidentielles américaines, on ne peut s’empêcher de voir un lien entre cette demande d’éclaircissement et la bataille électorale qui oppose républicains et démocrates. Reste que cette demande est légitime. D’autant plus que Google a été, en 2012, l’un des financiers -tout à fait officiel- de la campagne qui a a permis la réélection du président américain. Et comme l’indique cette fois la presse américaine, les dirigeants de Google se rendaient alors au moins une fois par semaine à la Maison Blanche pour rencontrer Obama, dont l’un des conseillers est un ancien de Google.

Le sénateur Lee veut aussi en savoir plus sur cette "erreur" qui a conduit à envoyer à la presse un document qui n’aurait jamais dû être rendu public. La Maison Blanche n’a réagi que sur le fait d’avoir reçu les patrons de Google: "Nous recevons des dirigeants d’entreprises en permanence".

Pourtant, selon le New York Post, Obama aurait reçu le lobbyiste du groupe californien 230 fois. En comparaison, les équipes de Comcast, l’un des concurrents de Google, n’auraient eu droit qu'à une vingtaine de rencontres au cours de la même période.

De son côté, la FTC a déjà indiqué qu’elle avait "hâte de répondre aux questions du sénateur Lee."

Pascal Samama