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Ces révélations qui dérangent Google, mais arrangent l’Europe

Début mars, Eric Schmidt a rencontré Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la Concurrence, mais aucune information n’a fuité sur cet échange.

Début mars, Eric Schmidt a rencontré Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la Concurrence, mais aucune information n’a fuité sur cet échange. - Fayez Nureldine (AFP)

En 2012, la FTC a blanchi Google sur des pratiques anticoncurrentielles aux États-Unis, mais un document transmis par erreur prouve que la faute était réelle. L’Europe pourrait s’emparer de ces révélations.

L’affaire était bouclée, jusqu’au moment où… C’est en demandant un rapport d’enquête de 2012 à la Federal Trade Commission (FTC) que le Wall Street Journal a découvert le pot aux roses.

Au lieu d’envoyer au journal la version officielle du rapport sur les pratiques de Google avec son moteur de recherche, c’est un document intermédiaire de 160 pages qui a été fourni. Son intérêt est d’avoir conservé des notes qui auraient dû rester secrètes. Et pour cause. Malgré les demandes de ne pas dévoiler certaines informations, le quotidien américain a préféré les partager.

À l’époque, Google a été exonéré des accusations de ses concurrents qui estimaient être désavantagés lors des résultats de recherches. Le groupe était suspecté de manipuler ses données pour son propre intérêt.

En fait, selon les documents transmis par erreur, la stratégie de Google n’a pas été dans "l’intérêt des consommateurs", ni dans celui de "l’innovation dans le domaine de la recherche en ligne" et encore moins au "marché de la publicité".

En conclusion, la FTC estime que ces méthodes auront des "effets négatifs sur le long terme". Malgré cela, elle a préféré blanchir le groupe qui, pour faire bonne figure, aurait promis de modifier ses pratiques.

En Europe, l'affaire se poursuit depuis 2010

Parmi les méthodes décrites, le WSJ évoque que pour se donner l’avantage par rapport à ses concurrents, Google aurait copié illégalement des contenus d’Amazon, Yelp ou TripAdvisor. Le groupe de Mountain View aurait également mis en avant ses services, comme l’achat de billet d’avion, alors que son service était bien moins fréquenté que ceux de ses concurrents.

La publication de cette information a attiré l’attention en Europe. Georges-Etienne Faure, conseiller numérique de Manuel Valls, a tweetté deux fois. Dans un premier tweet, il évoque un "papier intéressant", mais dans le second, il qualifie l’enquête du WSJ de "riche".

Mais, au-delà de la France, l’Europe pourrait s’emparer de ses révélations pour des affaires en cours. Le dossier de la concurrence est très chaud depuis 2010, avec l’ouverture d’une enquête pour abus de position dominante et pratiques anticoncurrentielles.

Début mars, Eric Schmidt a rencontré Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la Concurrence, mais aucune information n’a fuité sur ces échanges. Un porte-parole de la commissaire s’est contenté de confirmer la rencontre. Une nouvelle entrevue ne saurait tarder. En attendant, Google n’a fait aucun commentaire sur ce dossier.

Pascal Samama