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"NSA-Gate": les Français spécialistes de la cybersurveillance

Le scandale du "NSA-Gate" est l'occasion de rappeler que la France abrite certaines des entreprises les plus performantes déans le domaine de l'espionnage.

Le scandale du "NSA-Gate" est l'occasion de rappeler que la France abrite certaines des entreprises les plus performantes déans le domaine de l'espionnage. - -

Les Etats-Unis sont actuellement la cible d'accusations d'espionnage généralisé. La France, qui serait une de leur cible, n'est pas en reste en matière de technologie de pointe dans ce domaine.

Les réactions se multiplient autour du scandale dit du "NSA-Gate". Lundi 1er juillet, François Hollande a demandé aux Etats-Unis que l'espionnage de l'Union européenne "cesse immédiatement". La presse britannique a révélé que la France, l'Italie ou encore la Grèce faisaient partie des 38 "cibles" surveillées par l'agence nationale de sécurité américaine. L'occasion de rappeler que si les Américains sont très forts à ce petit jeu-là, les Français sont, eux aussi, à la pointe.

En matière de technologie de surveillance, la France fait partie des champions du monde. C'est un expert en sécurité informatique qui le dit. Il suffit pour s'en convaincre de se souvenir des quelques scandales qui ont vu le jour sur la question du cyberespionnage.

La France spécialiste des grands projets industriels

Autour de Qosmos par exemple, une société française créée en 2000 et spécialisée dans une technologie qu'on appelle le "deep packet inspection" et qui constitue la brique de base des systèmes d'écoute. Accusée d'avoir fourni aux autorités syriennes du matériel pour surveiller la population, l'entreprise fait l'objet d'une enquête.

C'est aussi le cas d'Amesys, filiale de Bull, soupçonnée là encore d'avoir vendu du matériel de surveillance, mais au défunt dirigeant libyen Mouammar Kadhafi cette fois.

Cette expertise est liée d'une part à la qualité des ingénieurs français. Mais aussi, à écouter un spécialiste, à un savoir-faire spécifique: si la France est très moyenne pour faire éclore des start-ups florissantes type Facebook, elle est très forte sur les grands projets industriels. Or ces systèmes de surveillance à l'échelle d'un pays -voire plus- sont comparables par leur ampleur au TGV ou aux centrales nucléaires.

Anthony Morel