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Microsoft et Thales s'allient pour protéger les données sensibles des militaires

Thales devient aujourd’hui partenaire privilégié de Microsoft pour le développement d’une technologie cloud adaptée aux forces armées

Thales devient aujourd’hui partenaire privilégié de Microsoft pour le développement d’une technologie cloud adaptée aux forces armées - Patrick Hertzog - AFP

Microsoft et Thales se sont associées pour créer un système Cloud ultra-sécurisé pour héberger et analyser les données sensibles recueillis dans les quartiers généraux des Ministères de la Défense, des centres de commandement ou déployées sur le terrain.

Sur Eurosatory, salon international de Défense et de Sécurité terrestres et aéroterrestres qui se tient à Villepinte jusqu’au 15 juin, on parle de drones, de blindés, d’armes en tous genre, mais aussi de données sensibles. C’est à cette occasion que Thales et Microsoft ont annoncé un partenariat inédit dans la défense.

Le groupe français spécialisé dans la cybersécurité a signé un accord avec le géant américain de l’informatique pour développer un système cloud destiné aux forces armées afin de "conserver leurs données sensibles dans le cadre de leurs propres infrastructures".

"Les forces armées du monde entier investissent massivement dans la transformation numérique, en particulier dans la numérisation des systèmes de communication utilisés pour le commandement et le contrôle ou bien encore sur les champs de bataille, avec le développement croissant des combats dits collaboratifs", précise Microsoft dans un communiqué. Le projet est en phase de développement. Il devrait être finalisé dans quelques mois.

Analyser les données provenant du terrain

Au vu du caractère sensible des données, il ne s’agit pas d’un Cloud classique, même s'il repose sur Azure Stack, la version locale du cloud de Microsoft. Pour les militaires, le système sera "durci" pour accueillir des données chiffrées.

Opérateur des datacenters, Thales les hébergera dans les quartiers généraux des Ministères de la Défense ou déployées sur le terrain pour garantir leur sécurité. Ainsi, elles ne seront pas soumises au CloudAct, une loi américaine votée en avril qui donne la possibilité aux agences fédérales de saisir légalement les données (emails, documents et communications) stockées sur des serveurs situés à l’étranger par les entreprises américaines.

Des applications seront développées par la suite pour traiter de gros volumes de données provenant des renseignements militaires, mais aussi d’objets connectés (drones ou capteurs positionnés sur le terrain sur les soldats ou les véhicules).

Ces données seront analysées en temps réel par Guavus Reflex, filiale de Thales, pour être échangées entre les centres de commandement et les militaires en mission grâce à des applications mobiles où elles pourront être consultées "hors ligne en cas de perte de connexion due aux conditions sur le terrain".

Ce projet n'est pas sans rappeler Maven, celui que Google a mis au point pour le Pentagone. Il consistait à recueillir les données enregistrées par des drones pour les analyser dans les centres de commandement. Après un mouvement de contestation de ses salariés, le groupe californien a annoncé qu'il ne renouvellera pas ce contrat.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco