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Le mystère sur les origines du Bitcoin est-il enfin levé?

Après avoir refuté son rôle dans la création du Bitcoin, Craig Wright revendique la paternité de la monnaie virtuelle.

Après avoir refuté son rôle dans la création du Bitcoin, Craig Wright revendique la paternité de la monnaie virtuelle. - Ethan Miller - Getty Images North America/AFP

"Le mystère sur les origines du Bitcoin est peut-être percé. Derrière le pseudo de Satoshi Nakamoto se cache Craig Steven Wright, un entrepreneur australien qui revendique l’invention."

Le mystère de la création du Bitcoin est-il enfin levé? Depuis l’apparition de cette devise virtuelle qui veut s’imposer comme la monnaie officielle de l’Internet, personne ne sait vraiment qui est à son origine. Le seul indice est le nom de son inventeur: Satoshi Nakamoto. Selon trois médias britanniques, la BBC, The Economist et GQ, c'est en effet le pseudonyme de Craig Wright, dont le nom a été lancé il y a plusieurs mois par Wired et Gizmodo.

La fiche Wikipédia de l’informaticien a été modifiée pour intégrer cette révélation. Cet Australien de 46 ans affirme aujourd’hui être à l’origine du Bitcoin et en a même apporté des preuves. Il dispose d’une clé cryptée créée dès le lancement de la monnaie et qui, selon les médias britanniques, ne peut être détenue que par son créateur. Il précise aussi que s’il est le principal inventeur du Bitcoin, "d’autres personnes" l’auraient aidé sans donner plus de précisions.

Craig Wright affirme avoir voulu conserver l’anonymat pour fuir la célébrité. Il dit avoir rompu le secret à cause des médias qui ont établi une liste des auteurs potentiels du Bitcoin dont plusieurs seraient des proches. "Il existe de nombreuses rumeurs et je ne veux pas que mes proches soient blessés ou impactés". En effet, la paternité de l’invention de cette monnaie ne rapporte pas seulement de la gloire. Depuis cet aveu, l’Australien qui voulait "juste être tranquille" a été entendu par la police et son domicile perquisitionné.

Une monnaie ni encadrée, ni régulée

Malgré ces aveux spontanés, ou presque, plusieurs médias s’interrogent encore sur leur véracité. Certains se sont même lancés dans une théorie digne d’un polar dans laquelle la NSA serait à l‘origine de la monnaie qui serait une "black op" destinée à transmettre des messages chiffrés.

Les mystères des origines du Bitcoin sont-ils définitivement levés ou faut-il attendre de nouvelles révélations? En tous cas, elles n’ont pas empêché la monnaie virtuelle de se développer avec de nombreuses plateformes qui proposent de s’en procurer. À Paris, la Maison du Bitcoin, un établissement physique avec pignon sur rue a même été ouvert pour échanger des devises et former les professionnels au concept de la blockchain ou, en français, chaîne de bloc. Ce système est une base de données qui n'est ni falsifiable, ni modifiable afin d'assurer une meilleure fiabilité des informations mises en ligne.

Face au développement du Bitcoin, les autorités bancaires européennes sont prudentes. L’AMF (Autorité des marchés financiers) a lancé en 2014 des mises en garde sur l’usage de cette monnaie qui n’est encadrée par aucune autorité ni législation spécifiques. Mais si les banques françaises s’interrogent sur le Bitcoin, elles scrutent avec intérêt la blockchain.

BNP Paribas, Société Générale et Natixis ont rejoint le consortium bancaire R3 qui compte 42 établissements dans le monde entier. Microsoft vient même de signer un partenariat avec R3 pour faire de son Cloud la base de la blockchain bancaire, avec ou sans Bitcoin.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco