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Le cri d'alarme d'ex-cadres de Google et Facebook: le smartphone et les réseaux sociaux rendent accro

D'anciens cadres des géants américains de la tech vont sensibiliser 55.000 écoles américaines aux risques du numérique.

D'anciens cadres des géants américains de la tech vont sensibiliser 55.000 écoles américaines aux risques du numérique. - Tang Chhin Sothy-AFP

Une association de spécialistes de la tech va lancer une campagne dans les écoles américaines pour alerter sur les risques liés aux réseaux sociaux et aux smartphones.

La Silicon Valley californienne engendre ses propres "procureurs", s'élevant contre les risques du numérique et les outils créés par les géants de la tech. Inquiets des effets néfastes des réseaux sociaux et des smartphones sur les jeunes, un groupe de cadres et d'experts américains des technologies, formé notamment d'ex-cadres de Facebook et Google, se sont regroupés dans l'association Centre for Human Technology (centre pour une technologie humaine). "Notre société est prise en otage par la technologie" est l'un des slogans figurant sur le site web de ce nouveau groupe de pression.

Associés au groupe de surveillance de médias Common Sense Media, ces experts du numérique vont financer une campagne de sensibilisation auprès de 55.000 écoles publiques aux États-Unis. Ils ont réussi ensemble à lever 7 millions de dollars pour cette campagne de prévention, au titre dénonciateur The Truth About Tech (la vérité sur la technologie), sur les risques liés à la dépendance aux smartphones et réseaux sociaux. Elle sera calquée sur les campagnes visant à dissuader la jeunesse de fumer ou de boire de l'alcool.

"Nous étions à l'intérieur", a déclaré Tristan Harris, qui dirige l'association Center for Humane Technology, ancien "designer éthique" chez Google, "Nous savons ce que les compagnies mesurent. Nous savons comment elles communiquent et comment l'ingénierie fonctionne" explique-t-il dans le quotidien The New York Times.

Dans ce groupe d'anciens des géants de la tech californienne, figurent aussi Roger McNamee, qui a conseillé Mark Zuckerberg aux débuts de Facebook, Sandy Parakilas, un ancien directeur des opérations de Facebook et Lynn Fox, ex-responsable de la communication chez Apple, Twitter et Google.

Les effets pervers de l'addiction au numérique, en particulier sur les jeunes, ont fait l'objet de débats agités ces derniers mois outre-Atlantique. Chamath Palihapitiya, qui fut vice-président en charge de la croissance du nombre des utilisateurs de Facebook a dit tout le mal qu'il pensait des réseaux sociaux lors d'une conférence à l'université de Stanford. Des experts en pédiatrie et en santé mentale ont appelé Facebook, la semaine dernière, à retirer la version de sa messagerie Messenger pour enfants âgés de 6 ans et plus.

Frédéric Bergé