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Greenpeace épingle plusieurs géants de la Tech

Au Mexique, Greenpeace a créé des ateliers de réparation de smartphones pour donner une seconde vie aux appareils numériques.

Au Mexique, Greenpeace a créé des ateliers de réparation de smartphones pour donner une seconde vie aux appareils numériques. - Ricardo Padilla Roman-Greenpeace

Dans son premier classement sur l’obsolescence programmée, Greenpeace Asia a scruté une quarantaine de smartphones, tablettes et PC portables. Accusés de proposer des appareils irréparables par les utilisateurs, Samsung, Apple et Microsoft se font épingler.

Fini l’époque où les meilleurs appareils bâtissaient leur réputation sur leur durée de vie. C’est en tout cas l'avis de Greenpeace Asia et du site iFixit qui se sont associés pour une étude inédite. Ils ont analysé une quarantaine d’appareils numériques (smartphones, tablettes et PC) et selon eux, les fabricants font tout pour que leurs produits ne puissent être ni réparés ni améliorés par l'utilisateur final.

Le classement repose sur 4 critères (remplacement des batteries, de l’écran, nécessité d’utiliser des outils spéciaux pour le démontage et disponibilité des pièces détachées) pour attribuer une note sur 10. Sur 21 smartphones scrutés par Greenpeace, Samsung occupe les trois dernières places avec les Galaxy S8 (4/10), S7 (3/10) et S7 Edge (3/10) qui sont les seuls à obtenir des notes inférieures à la moyenne. Les meilleurs de la classe sont le Fairphone 2 (10/10), et les LG G4 (8/10) et G5 (8/10). 

Une situation anormale

Dans la catégorie des smartphones, Apple est plutôt bien noté avec un 7/10 pour les iPhone 7 et 7 Plus. En revanche, les ordinateurs de la marque californienne sont en queue de peloton avec les plus mauvaises notes. Les MacBook Pro 13 et le MacBook Retina obtiennent 1 sur 10. Dans les tablettes tactiles, les iPad 5 et Pro 9,7 pouces évitent la dernière place malgré une note de 2/10. Dans cette catégorie, le plus mauvais est Microsoft avec sa tablette Surface Pro 5 (1/10).

Pour Greenpeace, cette situation est anormale d'autant que selon l'association, permettre aux utilisateurs de réparer eux-mêmes les produits est techniquement possible si les marques se fixent cet objectif dès la conception des produits. L'ONG appelle ainsi les mauvais élèves à suivre l’exemple de Dell, Fairphone et HP qui "rendent publics les manuels de réparation" permettant au public d'accéder aux pièces détachées.

Contacté par Le Monde, un porte-parole de Microsoft a expliqué que les tablettes Surface ne peuvent être manipulées que par des professionnels. "Ils comportent des composants de haute qualité [...] associés à la garantie Microsoft pour assurer à nos utilisateurs une expérience optimale et durable", a expliqué ce responsable. Apple brandit en réponse un autre classement Greenpeace sur l’impact des produits sur l’environnement dans lequel il est en tête depuis plusieurs années. Samsung n’a pas réagi.

Mais au-delà du coût de rééquipement par les consommateurs, c'est l'impact de cette stratégie qui préoccupe Greenpeace, ainsi que les conséquences en Afrique et en Asie qui recueillent, parfois illégalement, des milliers de tonnes de déchets en provenance d'Europe, des États-Unis et du Japon.

Pascal Samama