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Google se passera de commission sur les paiements sans contact

Le modèle économique d'Android Pay devrait être assez différent de celui d'Apple Pay.

Le modèle économique d'Android Pay devrait être assez différent de celui d'Apple Pay. - Stéphane Danna-AFP

Au contraire d'Apple, Google devrait se passer de commission sur chaque paiement sécurisé lié à son futur système mobile Android Pay. Le géant du Web préfère surtout monétiser les données clients sur ces paiements.

Le géant américain ne prélèvera pas sa dîme sur chaque transaction par carte bancaire effectuée avec son futur système de paiement mobile sans contact.

Contrairement à son homologue Apple Pay, lancé aux Etats-Unis en septembre 2014, Android Pay, présenté le 28 mai par Google, ne pourra pas s'appuyer sur une rétrocession de la commission appelée interchange, prélevée par les banques sur chaque transaction réalisée par carte bancaire.

Il se trouve que la technologie sécurisant ces paiements mobiles sans contact, choisie par Apple et Google, a été mise gratuitement dans le domaine public, à la suite d'une décision prise par le groupement Visa, le même jour que la présentation effectuée par Google.

Cette technologie évite au détenteur de saisir son numéro de carte dans le cadre d'une transaction en l'identifiant par un identifiant unique, dont les données sont chiffrées.

Android Pay est moins dépendant des commissions qu'Apple Pay

Selon des sources familières avec ce dossier, citées par le quotidien américain Wall Street Journal, cette mise à disposition gratuite empêche, de facto, les prestataires de paiement électronique de facturer l'usage de cette technologie aux banques. 

L'influence et le poids de Visa sur l'univers des paiements électroniques par carte bancaire garantissent, a priori, que cette décision sera suivie d'effet.

Pour Google, l'incidence de cette décision ne devrait pas remettre en cause le modèle économique lié à son futur système de paiement Android Pay, annoncé pour l'instant uniquement aux Etats-Unis.

Comme le souligne Olivier Sampieri, associé au bureau parisien du BCG, "Cette source de revenu n'est pas centrale dans le modèle économique de Google" et il rappelle, dans un entretien exclusif avec BFM Business, "qu'avec Android Pay, les données collectées sur le profil d'achat des clients enrichiront sa connaissance sur les utilisateurs."

En outre, Google a choisi de privilégier le partenariat avec les commerçants partenaires qui ont choisi d'accepter son système de paiement. Il va permettre l'ajout de points de fidélités à tout acheteur utilisant son système.

Apple Pay est attendu au tournant par les banques en Europe

A terme, ce partenariat pourrait générer pour Google plus de revenus que le prélèvement d'une commission sur chaque transaction.

Enfin, il reste à savoir quel sera l'impact de la décision du groupement Visa pour Apple Pay.

En l'occurrence, Apple a durement négocié avec les banques américaines la rétrocession d'une commission, qui avoisinerait 0,15% sur chaque transaction effectuée avec Apple Pay. Un véritable pactole. Son argument ? Il protègerait mieux contre les fraudes et le piratage informatique, les paiements effectués par Apple Pay.

Si les accords existants négociés par le constructeur outre-Atlantique, ne seront pas forcément remis en cause, il est probable qu'il n'en sera pas de même avec les banques, notamment européennes.

Celles-ci, qui utilisent la carte bancaire à puce, réputée sécurisée, ne sont pas sensibles à l'argument sécuritaire avancé par Apple. Et elles seront moins enclines à négocier avec lui une telle rétrocession, vu que les niveaux de commission d'interchange y plus faibles qu'aux Etats-UNis

Frédéric Bergé