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Google et Uber mettent fin au procès sur le vol de technologies par un accord

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- - Money Sharma - AFP

Les deux géants de la Silicon Valley qui s'opposaient en justice sur des questions de vols de technologies sur la voiture autonome ont noué un accord confidentiel qui met fin au procès.

Le procès du siècle dans la tech n'ira pas jusqu'au bout. Le service de réservation de voitures avec chauffeur Uber et Waymo, filiale d'Alphabet, la maison-mère de Google, spécialisée dans les technologies pour voitures autonomes, ont trouvé un accord à l'amiable pour mettre fin au procès pour vol des brevets les opposant.

Dans un document succinct transmis à un tribunal de San Francisco, les deux parties indiquent être parvenues à un accord "confidentiel" mettant fin aux allégations ayant conduit au procès. Chacune des parties s'acquittera de ses propres frais juridiques et d'avocats.

Uber exprime ses "regrets"

Les termes du compromis, qui intervient moins d'une semaine après le début du procès ayant vu Travis Kalanick, le fondateur et ancien patron d'Uber, témoigner à la barre, n'ont pas été dévoilés. Mais d'après une source proche du dossier, Uber a proposé à Waymo l'équivalent de 244,8 millions de dollars à Waymo en actions, soit 0,34% du capital sur la base d'une valorisation totale de l'entreprise de 72 milliards de dollars.

Le service de réservation de voitures avec chauffeur a également exprimé ses "regrets" et s'est engagé à n'utiliser que ses propres technologies dans le développement de sa voiture autonome, vue comme le Graal des modes de transport du futur et susceptible de générer des milliards de dollars en revenus.

Le procès, qui avait commencé le 5 février, avait vu défiler à la barre l'ex-PDG d'Uber, Travis Kalanick, ainsi que les actuels patrons de Waymo. La presse américaine rapportait que le ton des échanges était particulièrement belliqueux.

Pour rappel, en février dernier, Waymo a décidé de lancer des poursuites contre le groupe de VTC, lui reprochant d'avoir volé plusieurs technologies secrètes. La filiale d'Alphabet spécialisée dans la cartographie avait été créée pour rassembler les travaux autour de la voiture autonome, la fameuse "Google Car".

"Cet accord protége la propriété intellectuelle de Waymo"

Waymo accusait Uber de lui avoir subtilisé des technologies et secrets industriels en rachetant Otto. Cette société spécialisée dans les camions autonomes avait été créée par des ex-salariés de Google avant d'être acquise par Uber pour 680 millions de dollars.

L'un de ses ex-salariés, Anthony Levandowski qui supervisait jusqu'à récemment les travaux d'Uber dans les voitures sans chauffeur, travaillait jusque début 2016 sur la Google Car avant de cofonder Otto. Or Waymo assurait avoir découvert des preuves qu'Anthony Levandowski avait illégalement téléchargé plus de 14.000 dossiers confidentiels avant son départ.

Waymo réclamait quelque deux milliards de dollars à Uber, qui veut s'imposer comme un acteur de premier plan dans la transformation de l'industrie automobile, et la fin de son programme de voitures autonomes.

"Nous estimons que cet accord va protéger la propriété intellectuelle de Waymo", a déclaré vendredi une porte-parole. "Nous nous sommes engagés à travailler avec Uber pour s'assurer que chaque entreprise développe ses propres technologies, ce qui signifie qu'aucune information confidentielle appartenant à Waymo ne doit être intégrée dans les logiciels d'Uber", a-t-elle ajouté.

N.G.