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Facebook: les excuses de Mark Zuckerberg peinent à convaincre

Après plus de quatre jours de silence, le patron de Facebook a multiplié les interviews. Il se dit "désolé" mais n’entend pas pour autant changer le modèle du réseau social.

Entre Facebook et les utilisateurs du réseau, la confiance est brisée. Et la culpabilité de Mark Zuckerberg n'y peut plus grand chose. Le fondateur du réseau social aux deux milliards d'utilisateurs est sorti de son silence le 21 mars. Dans un long post Facebook, puis via une série d'interviews accordées à CNN, au New York Times, à Recode et Wired, la cinquième fortune mondiale exprime ses regrets au sujet de l'affaire Cambridge Analytica.

"Il y a une rupture de confiance entre Facebook et ceux qui partagent leurs données avec nous et qui s’attendent à ce que nous les protégions. Nous devons régler cela", a admis Mark Zuckerberg sur son compte Facebook. Avant de confier, lors d’une interview accordée à CNN, que la "principale responsabilité" de son entreprise était le respect de la vie privée de ses utilisateurs et que toute entorse à ce principe était un problème digne d’une "grande indignation". "Je suis désolé de ce qui est arrivé", a-t-il simplement ajouté.

Un "abus de confiance"

Une telle posture d'humilité peine à convaincre à l'heure où Facebook est accusé d'avoir permis à Cambridge Analytica de siphonner les données de 50 millions d'utilisateurs. Interviewé sur la BBC, le ministre britannique de la Culture Matt Hancock a jugé jeudi insuffisantes les mesures évoquées par l'ancien de Harvard pour mieux protéger les données des utilisateurs de son réseau. "J'ai vu la nuit dernière que Mark Zuckerberg s'était excusé et avait dit qu'ils allaient procéder à des changements. Mais, honnêtement, je ne pense pas que ces changements aillent assez loin", a-t-il déclaré.

Les premiers doutes au sujet de la capacité de Mark Zuckerberg à sortir d'une telle impasse se font également sentir. Techcrunch liste une série d'arguments en faveur de sa démission. Les médias américains insistent, eux, sur ce qui s'apparente à la plus importante crise de l'histoire de Facebook.

Mercredi, des cabinets d'avocats américains ont annoncé avoir déposé des plaintes et recours en nom collectif, ou "class action", au nom de citoyens et d'actionnaires. Celles-ci devront être acceptées par un juge pour être instruites. Plusieurs enquêtes ont également été ouvertes aux États-Unis par des régulateurs ainsi que les procureurs de New York et du Massachusetts. Jeudi sur la BBC, le directeur produits de Facebook, Chris Cox a reconnu que l'ensemble de cette affaire relevait d'un "énorme abus de confiance". "Notre modèle économique, ce n'est pas de distribuer des données à n'importe qui", a-t-il tranché. 

Elsa Trujillo