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Espionnage d'internet: Washington et les géants du web dans l'embarras

Barack Obama a confirmé l'existence de programmes de surveillance d'internet vendredi 7 juin.

Barack Obama a confirmé l'existence de programmes de surveillance d'internet vendredi 7 juin. - -

Barack Obama a admis, vendredi 7 juin, qu'une forme de coopération entre les services de renseignement et les géants du web existait. Ce que ces derniers continuent de nier.

Aux Etats-Unis, la controverse sur la surveillance d'internet par les services de sécurité, lancé par le Washington Post, prend de l'ampleur ce vendredi 7 juin. Les géants de l'Internet démentent tous avoir accepté d'ouvrir leurs serveurs aux services de l'Etat chargés de la lutte anti-terroriste. Mais un autre média, le britannique The Guardian, affirme que les services britanniques, eux aussi, surveillent les clients des plus grands noms du Web.

Entre les accusations de la presse et les démentis des entreprises qui faut-il croire? Par définition, il est difficile d'y voir clair puisqu'on est dans le domaine de l'espionnage et donc pas de la transparence.

Mais que ce soit Google, Microsoft, Facebook, Yahoo: tous les géants du web ont affirmé comme un seul homme n'avoir jamais ouvert leur serveur aux services de l'Etat pour espionner ce qui se passe sur internet, notamment de la part des terroristes.

Les Américains pas surveillés... sur le territoire américain seulement

Barack Obama a toutefois confirmé l'existence de ces programmes vendredi soir. Il n'est pas entré dans le détail à propos des serveurs, mais il a admis qu'internet était surveillé.

Il a toutefois rassuré les Américains, leur assurant que l'on n'écoute pas leurs conversations téléphoniques et qu'on ne surveille pas leur activité sur internet quand ils sont sur le territoire américain. Faut-il en déduire alors qu'ils sont surveillés quand ils sont en dehors des Etats-Unis, ou quand ils ne sont pas citoyens américains ? D'autant que les géants de l'internet sont Américains…

En tout cas, l'affaire et dangereuse. D'une part pour ces groupes qui dominent le web, qui doivent garder la confiance de leurs utilisateurs tout en respectant la loi et en opérant dans un secteur concurrentiel. De son côté, Washington ne peut pas se permettre de fâcher les Google, Facebook et autres Yahoo, qui constituent pour le gouvernement une excellente source d'information.

Jean-Bernard Cadier correspondant à New York