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EDF est-elle trop généreuse avec ses salariés?

La Cour des comptes préconise de supprimer l'avantage énergie

La Cour des comptes préconise de supprimer l'avantage énergie - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Dans son dernier rapport annuel, la cour des Comptes suggère de supprimer "l'avantage énergie" dont bénéficient ses agents en activité ou retraités. Cette aide permet de bénéficier de la gratuité de l'abonnement, la fourniture de l'électricité pour environ 4% du tarif de base et l'exonération des taxes.

Les salariés d'EDF sont-ils trop gâtés? C'est en tout cas le sentiment de la Cour des comptes qui demande dans son dernier rapport annuel à l'entreprise de supprimer "l'avantage énergie" dont bénéficient ses agents en activité ou retraités. 

Les Sages de la rue Cambon estiment que cette mesure "sans équivalent" se chiffre en milliards d'euros et contribue à plomber les finances du groupe. 

Gratuité de l'abonnement, exonération de taxes... 

Outre la maîtrise de la masse salariale, la régulation des divers avantages en nature est cruciale au moment où la situation économique d'Electricité de France s'est "nettement dégradée", jugent les Sages, cinq ans après leur précédent diagnostic.

L'avantage énergie donne droit à la gratuité de l'abonnement, la fourniture de l'électricité pour environ 4% du tarif de base et à l'exonération des taxes. Il est offert aux agents en activité ainsi qu'aux "agents retraités (...) pouvant justifier d'au moins 15 ans de services", souligne le rapport.

295 millions d'euros de manque à gagner en 2017

Ces avantages hérités du statut de 1946 sont "largement déconnectés des performances de l'entreprise", poursuivent les auteurs. "Cette spécificité a un coût: le total des engagements pour avantages postérieurs à l'emploi s'élevait à 6,9 milliards d'euros (hors retraites) au 31 décembre 2017".

Le salarié d'EDF peut jouir de cet avantage pour sa résidence principale "comme pour les autres résidences", qu'elles soient secondaires ou "à caractère occasionnel", et ce "de façon déplafonnée sans prendre en compte le niveau effectif de la consommation". Pour la seule année 2017, le manque à gagner est évalué à 295 millions d'euros.

Consciente qu'une tentative de réforme en 2010 avait été "abandonnée à la suite d'un mouvement social", la Cour des comptes recommande de "supprimer par étapes l'avantage énergie". À cette fin, EDF devrait "réduire ou mettre fin à l'avantage au-delà d'un certain niveau de consommation", "mettre en place un mécanisme d'indexation des tarifs" ou encore "laisser les taxes sur l'énergie à la charge des salariés".

Une régime de retraite coûteux 

Côté retraites, la Cour des comptes reconnaît que "les règles du régime spécial convergent vers celles du régime général", mais des "spécificités demeurent". "La retraite est ainsi calculée, comme pour la fonction publique, à un taux de 75% sur la moyenne des six derniers mois de salaire, treizième mois inclus mais primes exclues", précise-t-elle. 

Selon elle, le maintien de ces spécificités coûte 800 millions d'euros par an, soit un engagement à long terme de 22,6 milliards d'euros à la charge des entreprises et des consommateurs, "au travers de la contribution tarifaire d'acheminement". 

Paul Louis avec AFP