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« De la puissance de calcul, toujours plus de puissance de calcul »

Atos a inauguré « Joliot-Curie », un supercalculateur capable de réaliser 22 millions de milliards d'opérations par seconde. « Une question de souveraineté » témoigne son patron Thierry Breton.

Avec cet outil de pointe, la France se positionne comme un des leaders mondiaux du calcul. « Quels sont les pays qui peuvent se donner les moyens d’avoir ces supercalculateurs ? Il n’y en a que 3 ou 4 sur la planète. Les Etats-Unis, l’Europe, la Chine et le Japon. En Europe, la France en est le leader » s’enthousiasme Thierry Breton, PDG d’Atos.

Et « Joliot-Curie » est clairement sa figure de proue. « D’une puissance actuelle de 9,4 pétaflops deviendra le plus puissant des superordinateurs français dédiés à la recherche dès 2020, en atteignant les 22 pétaflops » explique le CEA. Soit 22 millions de milliards d'opérations par seconde…

C’est aussi un enjeu de souveraineté, à en croire Thierry Breton. « La souveraineté de notre espace informationnel fait partie de notre bien commun. Dans cet espace, il faut désormais assumer sa souveraineté » explique-t-il. « C’est la maitrise de ces informations, le fait de pouvoir les protéger. Et pour cela, il faut de la puissance de calcul, toujours plus de puissance de calcul. »

Concrètement, ce supercalculateur sera entièrement dédié aux chercheurs français, et dans une plus large mesure, aux chercheurs européens. « Dans la recherche fondamentale, on a besoin des calculs pour simuler, pour faire des modèles, pour aller toujours plus loin » insiste le patron d’Atos.

Il sera donc utilisé dans l’astrophysique pour réaliser des simulations complexes des mouvements de l’univers ou encore pour modéliser l’évolution climatique. « Si on sait prédire le climat passé, on peut prédire le climat futur » résume Thierry Breton. « De la même façon, sur les maladies neurovégétatives, on peut modéliser le fonctionnement des neurones à des profondeurs que l’IRM ne peut pas voir. »